Waldo – Robert A. Heinlein

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Waldo
est une novella de science-fiction écrite par l’auteur américain Robert A. Heinlein. Publié au Bélial dans la collection Une Heure Lumière, vous trouverez ce texte au prix de 10.9 euros.
Je remercie mon Lutin préféré pour ce cadeau à l’occasion du challenge S4F3s5 !

Waldo Farthingwaite-Jones est atteint d’une maladie neuromusculaire chronique qui lui donne de grosses difficultés à se déplacer ou se mouvoir de manière générale. Du coup, il vit en apesanteur, en orbite autour de la Terre. Solitaire et d’un caractère difficile, Waldo n’a pas une très bonne réputation malgré son génie unanimement reconnu. Il faut vraiment que la North American Power-Air n’ait aucun autre choix pour demander son aide, d’autant qu’ils ont un contentieux privé sur une sombre histoire de brevet. Sans surprise, Waldo n’est pas très motivé à accéder à leur requête. Quoi que ce mystère vaut peut-être le coup…

Waldo est un texte qui me sort de mes habitudes et que j’aurais eu du mal à comprendre sans les divers articles lus à son propos sur la blogosphère, notamment au sujet de son contexte historique. J’ai d’ailleurs hésité à publier une chronique, ne me sentant pas légitime pour en offrir une analyse pertinente. Puis je me suis dit que je ne devais pas être la seule à manquer de culture dans le genre science-fiction et que du coup, ça pourrait être utile à des lecteurs comme moi, qui débutent et ont envie de pousser plus loin. J’ai donc fini par me lancer !

Waldo a été publié pour la première fois en 1942. Pourtant, il aborde des thématiques que je trouve modernes puisqu’il s’agit d’envisager une crise énergétique à l’échelle américaine. Dans cet univers, tout fonctionne à l’électricité (si j’ai bien compris), une électricité qui émet des ondes que certains scientifiques dénoncent comme nocives pour l’humanité. Vous me suivez? Lors d’une discussion, un personnage affirme qu’il n’est pas envisageable de revenir en arrière pour palier aux défaillances et avance des arguments principalement financiers avec une pointe de qualité de vie. Je ne peux pas m’empêcher de sourire jaune en constatant qu’un roman court écrit dans les années 1940 reste autant, si pas plus, d’actualité que jamais, sur ces questions.

C’est le traitement de cette thématique qui m’a surtout intéressée, ainsi que le personnage de Waldo qu’on trouve au cœur du récit. Malade depuis l’enfance, il a développé ses capacités intellectuelles au maximum et se considère comme une nouvelle étape de l’évolution humaine : le cerveau au détriment des muscles. Il qualifie ses semblables, ceux qui vivent sur Terre, des « singes nus » et son dédain est palpable dans toutes ses introspections. Il ne tolère qu’une seule personne, « l’oncle Gus », le médecin qui s’occupe de lui depuis toujours. C’est d’ailleurs grâce à son intervention que le représentant de la North American Power Air parvient à rencontrer Waldo.
Ce qui est plutôt intriguant dans la psychologie dépeinte par l’auteur, c’est que même si Waldo se considère comme supérieur, il souffre aussi de sa solitude et ressent des émotions. Robert A. Heinlein a banni le manichéisme, une constatation appréciable. Puis je ne peux pas détester un homme qui aime son chien, Baldur. D’ailleurs pour la petite histoire, je n’avais jamais réfléchi au fait qu’un animal qui nait dans un monde avec une gravité différente se déplacera forcément autrement que sur Terre et que, s’il devait y retourner, serait incapable de marcher. Ce n’est pas le centre de l’histoire mais j’ai beaucoup aimé ces considérations. En tant que novice dans le genre de la SF (même si j’en lis de plus en plus, je souffre toujours de terribles lacunes) ça m’aide à voir un peu plus loin.

J’ai été assez surprise de découvrir une forme de magie intervenir dans un texte que je prenais pour de la science-fiction « pure » (après, je n’ai rien contre le mélange des genres, loin de là). Waldo se penche sur le problème des batteries défectueuses qui engendrent les pannes, sans parvenir à le résoudre. Par le plus grand des hasards, un vieil homme (Papi Schneider) parvient à en réparer une avec ce que nous, lecteurs, identifions forcément comme un pouvoir surnaturel de sa part. Le grand esprit scientifique de Waldo se voit donc initié à des secrets qui dépassent la science, une science sauvée par la magie, finalement. Pour rappel, le roman date quand même de 1942 ! Pourtant, il propose une idée assez originale puisque les auteurs contemporains ont tendance à l’exploiter dans l’autre sens (la science à la rescousse de la magie) ou d’en abolir les frontières (la magie, c’est la science qu’on n’a pas encore expliqué).

Si j’ai trouvé ce roman intéressant à découvrir, ce n’est toutefois pas un texte qui correspond à mes goûts personnels. Je ne remets pas du tout en cause sa qualité, entendons-nous ! J’ai d’ailleurs été heureuse de le lire car ça reste une sacrée expérience, mais j’ai eu un goût de trop peu sur sa fin et sur l’intrigue en elle-même qui manquait peut-être un peu de souffle. Il s’inscrit toutefois très bien dans l’idéologie de la collection du Bélial et rien que par curiosité, vaut la peine qu’on prenne deux heures à le lire.

Pour résumer, si Waldo n’est pas un roman qui correspond à mes goûts, je lui trouve quand même un certain nombre de qualités rien que par sa thématique de crise énergétique, très moderne pour une novella datant de 1942 ! Le mélange de technologie et de magie a de quoi surprendre et le personnage de Waldo, anti-héros au caractère difficile, m’a vraiment plu. Sans surprise, le Bélial propose encore un texte de qualité au sein de sa superbe collection Une Heure Lumière, une collection que je vous encourage à explorer.

9 réflexions sur “Waldo – Robert A. Heinlein

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