La croisade éternelle #1 la prêtresse esclave – Victor Fleury

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La prêtresse esclave est le premier tome de la saga intitulée « la croisade éternelle » écrite par l’auteur français Victor Fleury. Publié chez Bragelonne, vous trouverez ce roman au prix de 22 euros.
Je remercie l’auteur et les éditions Bragelonne pour ce service presse !
Ceci est ma 27e lecture pour le Printemps de l’Imaginaire francophone.
Ceci est ma 7e lecture pour le mois de la fantasy et complète les défis suivants: un livre écrit par un auteur français, une nouveauté de ma PàL.

Nisaba est l’oblate de peau de l’héritier Akurgal, qu’elle doit servir malgré la haine qu’elle voue à la famille régnante et les abus que son maître commet sur elle de manière détournée. Pour prouver sa valeur à sa mère, Akurgal décide de partir en croisade, mater les infidèles qui résistent à l’expansion de leur empire. Obligée de le suivre à cause de leur lien, Nisaba doit abandonner son fils et pourrait ne jamais revenir à la capitale car quelqu’un semble décidé à attenter à la vie de l’infant. Voilà grosso modo le pitch de départ mais ne vous inquiétez pas, ce roman a davantage à offrir !

Commençons par évoquer l’univers d’une éclatante richesse développé par Victor Fleury. Le lecteur évolue au sein du Pays-des-Deux-Fleuves dont l’ambiance m’a d’abord évoqué la société inca. Après discussion avec l’auteur, il s’avère que son inspiration vient plutôt davantage du côté mésopotamien mais comme je connais mal cette civilisation en dehors de ce que j’ai pu en apprendre à l’école… L’un dans l’autre, Victor Fleury choisit non seulement de s’éloigner du traditionnel Moyen-Âge mais aussi des inspirations antiques habituelles tirées de l’empire romain, ce que je trouve très appréciable.

Dans cette société, la famille régnante est descendante des dieux, divinités d’ailleurs véritablement présentes dans le récit à certains moments, ce qui donne un aspect surnaturel à la croisade éternelle en plus de la maîtrise d’un type de magie nommée l’Irradiance qui s’oppose à celle du Tréfond. Parce qu’ils descendent des dieux, ils ont le droit de s’affilier des oblats, des esclaves qui leur permettent d’étendre leur pouvoir et leurs capacités. Pour prendre l’exemple d’Akurgal, il dispose d’un oblat de puissance qui lui évite de devoir s’entrainer, d’un oblat de mémoire qui rend inutile toute étude de sa part, d’une oblate de peau qui partage toutes ses sensations… Et va s’en trouver deux autres pendant le récit, je ne vous en dit pas plus pour ne pas gâcher la surprise. Le lien qui unit l’oblat à son maître est à sens unique et les prive de toute intimité. L’oblat de mémoire partage toutes les pensées immédiates de son maître, l’oblat de peau, toutes ses sensations… Ces liens sont complètement malsains et forcément, difficiles à vivre.

Surtout quand on connait la relation qui unissait jadis Akurgal et Nisaba, l’héroïne du roman et la fameuse prêtresse-esclave du titre. Leur passif se révèle petit à petit au lecteur par des séries de réminiscences qui viennent à Nisaba, souvent sous l’influence de drogue. Et oui, ce lien est tellement difficile à vivre que la pauvre n’a trouvé que ce moyen pour échapper à ces viols détournés, à cette pression psychologique que l’Infant lui impose en essayant (maladroitement) de la ramener à lui. Outre l’intrigue principale du roman qui tourne autour de la guerre, de la religion et des conflits de succession, on a aussi droit d’en apprendre davantage sur leur intimité, le tout avec un équilibre qui manque trop souvent dans ce genre de roman.

Je ne vous brosse ici qu’une rapide esquisse de l’univers qui confirme le talent de Victor Fleury à proposer des romans qui sortent du lot et rafraichissent les genres dans lesquels ils s’inscrivent (rappelez-vous de ma chronique sur l’Homme Électrique). Pourtant, ce n’est pas sa seule réussite. La galerie de personnages qu’il propose séduira le lecteur avide de protagonistes en nuances de gris. Mes sentiments n’arrêtaient pas de changer au fil du récit, allant de la pitié à la compassion puis au dégoût, pour finalement revenir à la pitié… Victor Fleury joue avec nos émotions pile comme j’aime et ce, sans sacrifier le rythme de l’intrigue.

Parce qu’il se passe toujours quelque chose, dans la croisade éternelle. L’auteur parvient à conserver une action régulière sans nous perdre dans son univers dense, en distillant juste quand le besoin s’en fait sentir les informations nécessaires pour appréhender les contours de son monde. Il m’a embarquée dans son histoire dont je ressors difficilement, surtout à la lecture de la toute dernière ligne. Il a eu de la chance que je le termine après les Imaginales, sans quoi j’aurai été l’étrangler ! Ou je l’aurai enlevé pour l’obliger à écrire plus vite la suite. Vous l’avez compris, c’est un roman à côté duquel il vaut mieux éviter de passer.

Pour résumer, le premier tome de la croisade éternelle est un coup de cœur. Victor Fleury propose un monde inspiré de la cruelle Mésopotamie et réinventé à sa sauce dans lequel il plonge le lecteur avec tact, sans l’assommer d’informations inutiles. Sa galerie de personnage brille par sa diversité ainsi que par son absence de manichéisme et ne manquera pas de provoquer des sentiments aussi nombreux que violents chez le lecteur. Ce dernier aura d’ailleurs bien du mal à reposer ce tome. On ne peut qu’espérer une suite rapide publiée par Bragelonne !

16 réflexions sur “La croisade éternelle #1 la prêtresse esclave – Victor Fleury

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  5. Victor Fleury, ton nouvel auteur favori ??? 😀 mouahaha, Estelle sera jalouse >< Je ris mais c'est bien que Victor commence doucement à se faire une belle place dans l'imaginaire francophone. Il faudrait vraiment que je lise son "Empire électrique". Mais clairement vu les commentaires de ce roman Fantasy, il va figurer dans ma wishlist sans ciller.
    Belle chronique !

    • Haha déjà Estelle est dans mon top 3 des autrices et personne ne pourra l’en tirer 😛 Oui je fais des distinctions genrées pour me faciliter la vie, oui j’assume -> Mais Victor est très clairement un auteur hyper prometteur qui mérite d’être lu ^^

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