Le dernier chant d’Orphée – Robert Silverberg

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Le dernier chant d’Orphée
est un one-shot court écrit par l’auteur américain Robert Silverberg. Réédité en avril chez ActuSF dans la collection poche Helios, vous trouverez ce texte en papier au prix de 5.90 euros.
Je remercie l’équipe d’ActuSF pour l’envoi de ce service presse.

Sans davantage de suspens, j’avoue être complètement passée à côté de ce texte et de cet auteur. Du coup, je vous recommande la lecture de l’article « Pourquoi avons-nous choisi de publier (…) » pour comprendre les motivations de l’éditeur et l’intérêt de cette œuvre.

Comme son titre l’indique, le dernier chant d’Orphée est en fait une histoire écrite par Orphée lui-même à destination de son fils, Musée. Cette histoire, c’est la sienne, des éléments les plus connus comme sa descente aux Enfers pour retrouver Eurydice avec d’autres qui m’étaient moins familiers comme sa participation à l’expédition de Jason ou son règne en tant que roi de Thrace. Des quelques recherches effectuées pour rédiger ce billet à des fins comparatives, je constate que l’auteur a pris quelques libertés scénaristiques mais dans le cadre de la réécriture d’un mythe, je n’y vois rien de gênant. Au contraire ! Ces libertés permettent à l’auteur d’exploiter des thèmes qui lui semblent importants, comme on l’apprend dans les documents annexes au roman lui-même. Notamment les thématiques du divin et du destin.

Ce roman court est précédé d’une préface rédigée par Pierre-Paum Durastanti qui analyse les intentions de l’auteur dans le détail, le genre de chose que je déteste et que je passe systématiquement parce que je ne supporte pas qu’on me dise en amont comment interpréter une œuvre. Mon côté casse-pied qui me pousse à tout remettre en question et qui a posé de monstrueux problèmes en atelier d’analyse littéraire, d’ailleurs. J’aurai préféré trouver cela en post-face pour me permettre de confronter mon propre avis avec celui du préfacier, mais bon. Il me parait difficile de réécrire les conventions littéraires pour coller à mes préférences.
À la fin de l’histoire, on trouve également une interview de presque vingt pages où Eric Holstein, auteur lui-même et cofondateur d’ActuSF, pose des questions à un Robert Silverberg que j’ai trouvé froid et limite condescendant dans ses réponses. Vous savez, je fonctionne beaucoup au sentiment et là je n’ai ressenti aucune empathie pour cet auteur, au contraire. Lire ses réponses n’a pas stimulé mon intérêt pour cette œuvre ou les autres issues de sa plume. Notez aussi que quand on compte sur la centaine de pages affichée par ma liseuse, on en perd déjà une trentaine en diverses annexes.

Globalement, ma lecture se révèle plutôt en demi-teinte mais je le précise, c’est uniquement par goût personnel. Si vous désirez découvrir un mythe grec revisité alors ce roman vous est incontestablement destiné. L’auteur aime l’Histoire et il se montre minutieux dans ses recherches ainsi que dans l’utilisation d’autres mythes pour nourrir sa propre intrigue. Une expertise sur un sujet se montre nécessaire quand on cherche à le modifier. Les meilleurs uchroniciens sont historiens de formation, y’a une raison à ça. Sur ce plan, ce roman ne manque ni de richesse, ni d’intérêt.

Malheureusement, le style narratif n’a pas su m’emballer même s’il colle assez au genre antique et donc reste très pertinent. C’est vraiment une question de goût personnel. Orphée raconte avec emphase les moments clés de sa vie à son fils, dans un dernier chant qu’il lui destine. Les dialogues sont très peu nombreux, le ton du personnage principal ne me plaisait pas et appelait à de trop nombreuses ellipses. Ç’aurait pu être un très grand texte vraiment captivant si l’auteur s’était donné la peine d’en détailler le contenu dans une optique d’aventure. Finalement, le dernier chant d’Orphée est davantage un roman philosophique et reste ainsi fidèle aux habitudes grecques en la matière. Je comprends ce choix narratif mais en tant que lectrice, ce n’est pas ce que je recherche. Du coup, malheureusement, me voilà passée à côté.

Pour résumer, le dernier chant d’Orphée n’a pas su me séduire en tant que lectrice mais n’en reste pas moins un bon livre à prix très abordable et soigné dans sa présentation. Il plaira aux adeptes de la mythologie grecque, de récits philosophiques et à ceux qui aiment les histoires racontées à l’antique.

16 réflexions sur “Le dernier chant d’Orphée – Robert Silverberg

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  5. Mince, je l’ai ramené avec moi du Trolls & Légendes et il attend gentiment son tour dans ma PAL ! Bon, je vais survoler la préface et puis … on verra bien. Qui sait, pour moi ce sera peut-être une super surprise ! L’un dans l’autre, je suis presque encore plus curieuse de l’attaquer maintenant que je sais que de ton côté ça ne l’a pas trop fait ^^. Je veux savoir ce qu’il y a là-dedans !

    Suite au prochaine épisode, donc ! Merci pour cet avis ! ^^

    • Haha avec grand plaisir ! Au fond un avis, c’est subjectif et je trouve que le livre a quand même des qualités mais voilà, ce ne sont pas des qualités qui me conviennent à moi ni à mon type de lecture 🙂 à voir donc !

  6. Pingback: Le Dernier chant d’Orphée, de Robert Silverberg – Les Chroniques du Chroniqueur

  7. Je te comprend totalement par rapport au postface! Je déteste qu’on me dise quoi et comment penser un récit! Par contre, en fin de roman, effectivement c’est intéressant pour comparer ses impressions/idées,…et éventuellement éclairé qqc qu’on aurait moins bien compris…
    J’ai hésité à demander ce roman mais bien m’en a pris de ne pas le faire! Je m’étais dit que je me le procurerais par la suite si des chroniques me convainquait! Mais le côté philosophique et froid que tu évoques me font penser que ce roman n’est pas pour moi…
    J’ai lu une autre chronique où la blogueuse avait aussi trouvé l’auteur froid et un brin condescendant dans son interview!

  8. Je suis d’accord avec toi sur le principe de l’analyse détaillée présente en préface, j’aurais été agacée de la lire avant le texte, car ça m’aurait menée à un état d’esprit critique inadapté qui m’aurait probablement fait passer à côté du récit. Je n’aime pas qu’on me dise comment lire et interpréter une oeuvre littéraire, je trouve que ça ôte toute initiative au lecteur, et selon le ton employé, ça peut même donner une impression de jugement, de décrédibilisation des autres perceptions.
    De même, je fonctionne beaucoup au ressenti, un auteur qui semble désagréable ou condescendant m’intéressera moins qu’un auteur bienveillant et qui apprécie partager avec ses lecteurs.
    Enfin bref, tout ça pour dire que la lecture de ce one-shot ne me tente pas. ^^

    • Ah je suis contente que quelqu’un partage mon avis là dessus ! Après il y a des gens qui aiment et qui en ont besoin mais je déteste qu’on me prenne par la main. Et de fait je pense que ce n’est pas un récit qui pourrait te convenir 🙂

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