Neph et Shéa #1 La Fuite – Aline Wheeler

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La Fuite est le premier tome de la saga fantasy Neph et Shéa proposé par l’autrice belge Aline Wheeler. Disponible en auto-édition, vous trouverez cet ouvrage sur bon nombre de plateformes dédiées, autant en papier (au prix de 16 euros) qu’en numérique, avec également une version disponible pour les personnes dyslexiques !
Ce roman est ma huitième lecture dans le cadre du Printemps de l’Imaginaire francophone.

Le roman se déroule en Tell’Andra, un monde imaginaire de fantasy médiévale. Nous y rencontrons deux personnages. D’un côté, Neph qui veut échapper à une destinée guerrière alors qu’il est barde et de l’autre Shéa, héritière de la Tour des Ombres qui doit s’enfuir pour sauver sa vie face aux velléités meurtrières de sa famille. Leurs chemins vont se croiser et les mener jusque chez Berth, un étrange vieux monsieur qui a plus d’un tour dans son sac et se révèle proche ami de la Reine. Cette dernière va leur confier une mission d’escorte qui en cache une autre, un peu moins officielle.

J’ai un moment hésité à chroniquer ce texte, je voulais prendre le temps de bien réfléchir sur ce que j’allais dire à son sujet. Ce qui est certain, c’est que ce n’est pas mon genre de fantasy. Elle est trop accessible, trop tout public et comporte pas mal d’éléments trop attendus à mon goût. On reste dans un texte assez classique dans un univers médiéval qui répond aux codes du genre. Et ce n’est pas un mal ! Je ne doute pas que ce texte plaira à un grand nombre de lecteurs, simplement je ne suis pas le public cible.

Au fil de ma lecture, j’ai eu le sentiment de me retrouver dans un jeu vidéo. Le premier nom qui me vient à l’esprit étant World of Warcraft, mais c’est peut-être parce que j’y joue sans discontinuer depuis 2014. Rien que la couverture qui donne directement le ton, je trouve que le personnage féminin (pour représenter Shéa?) ressemble furieusement aux kaldoreis. Toutefois, ce n’est pas une gêne en soi puisque le contenu répond à l’attente du graphisme soigné (parce qu’elle claque quand même cette couverture !), surtout dans la forme narrative et dans la présentation des protagonistes.

En effet, les personnages entrent tous dans des cases attendues et propres au genre littéraire. J’aurai souhaité davantage de nuances sur leur psychologie et leur histoire personnelle. Il est certain qu’on ne peut pas révolutionner le genre à chaque livre toutefois la Fuite souffre des défauts inhérents à un premier roman. Il manque de prise de risque et les scènes d’exposition à travers laquelle l’autrice développe son univers, dans une série de dialogues entre plusieurs personnages, sonnent artificielles. Du coup, difficile de vraiment s’attacher à l’un des héros. Sans compter que le ton général est trop positif, trop de bons sentiments qui me paraissent faux mais j’admets volontiers que je suis miss cynisme et faux-semblants en mode esprit tordu, du coup forcément…. Peut-être que, dans le second tome, l’autrice étonnera ses lecteurs là-dessus mais pour le moment tout le monde fait confiance un peu trop facilement à des inconnus sous prétexte d’un lien familial inconnu jusqu’ici. Les personnages ne sont pas assez méfiants compte tenu de leur histoire personnelle (surtout Shéa) et c’est dommage. J’aurai aimé plus de tensions mais ces choix narratifs collent bien au message positif sur la ténacité et l’espérance qui traverse tout le roman.

Pourtant, ce texte est pas mal, d’autant qu’il s’agit d’un premier roman et en auto-édition ! Alors oui, il y a parfois des scènes d’exposition pas forcément utiles et quelques fautes se cachent encore au détour du texte mais je trouve que globalement, le travail de l’autrice est soigné, ce qui n’est pas une mince affaire quand on s’occupe de tout soi-même. Elle propose un univers bien à elle et hyper référencé qui plaira pourtant davantage aux novices qu’aux habitués mais il faut des romans pour tous les publics. Au fond, Neph et Shéa est parfait pour s’initier au genre de la fantasy et c’est davantage dans ce but que je le recommande. D’autant que la plume de l’autrice est simple et accessible. Aline Wheeler dépeint son univers avec brio et on n’a aucun mal à se représenter non seulement les paysages mais aussi les scènes d’action hautes en couleur qui rappellent le médium vidéoludique. J’ai beaucoup aimé ces sorts colorés, ces ombres insidieuses, ces combats bien menés, c’était rythmé et prenant.

Pour résumer, même si ce roman n’était pas accordé à mon goût personnel, je n’ai aucun mal à lui trouver des qualités qui en font un titre parfait pour s’initier à la fantasy. L’aspect jeunesse justifie certains de ses défauts et le travail en auto-édition de l’autrice est assez remarquable, surtout pour le paysage francophone. Son univers dispose d’une véritable identité et sa plume dynamique rend l’action vivante. En tant que lecteur, on n’a aucun mal à se laisser emporter dans ce bon divertissement de fantasy médiévale.

4 réflexions sur “Neph et Shéa #1 La Fuite – Aline Wheeler

  1. Pingback: BML #9 – mars 2019 | OmbreBones

  2. Pingback: Neph et Shéa (T1), Aline Wheeler | L'Imaginaerum de Symphonie

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