#PLIB2019 Le Passageur #1 le Coq et l’Enfant – Andoryss

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Le premier tome du Passageur, intitulé « le Coq et l’Enfant », a été écrit par l’autrice française Andoryss. Publié aux éditions Lynks, ce tome est disponible partout au prix de 15.90 euros.
Ce livre entre dans le Pumpkin Autumn Challenge, menu « automne frissonnant » catégorie « le fantôme de l’opéra » !
Ce livre a été sélectionné pour le #PLIB2019. #ISBN9791097434151.
Je remercie Bleuenn de chez Lynks pour ce service presse ♥

Avant de vous parler du livre en lui-même, quelques mots sur l’objet. La couverture ne m’attirait pas du tout au départ et ce sont vraiment les articles d’autres blogueurs qui m’ont donné envie. Pas parce qu’elle est moche mais simplement parce qu’elle ne colle pas à mes goûts personnels. Pourtant, une fois l’objet entre mes mains, je dois avouer que j’ai apprécié l’aspect un peu ancien de la couverture, ce papier si particulier utilisé, un peu recyclé j’ai l’impression. On a le sentiment que la couverture est peinte sous nos doigts et les dorures légères du titre ressortent très bien. C’est un livre agréable à tenir en main et je tiens à saluer le travail de l’éditeur là-dessus.

Le Passageur est un roman au présent à la première personne qui raconte l’histoire de Matéo. Ce jeune adolescent Rom qui vit hors du camp avec le reste de sa famille subit un racisme quotidien et les brimades de son propre père, qui le tient pour responsable de la mort de sa mère et de sa sœur aînée. La situation de Matéo ne va pas en s’arrangeant quand il commence à voir des fantômes. Il comprend alors qu’il a hérité du pouvoir et de la charge de sa mère, celle de Passageur, un mot normalement féminin car seules les femmes sont supposées disposer d’un tel pouvoir. Contraint de lutter contre un trushal odji (une sorte d’âme en peine dévastatrice) Matéo va devoir voyager dans le passé, pendant la Commune de Paris, pour tenter d’aider l’âme en question avant que celle-ci ne le broie.

J’ai beaucoup de choses à dire sur ce roman et je vais essayer de ne pas m’éparpiller. Mon retour sur ce texte est globalement très positif !

Le premier élément remarquable, outre l’univers sur lequel je vais m’attarder plus loin, c’est le personnage de Matéo. La narration de l’autrice permet une immersion totale dans la vie et la psyché de ce jeune homme qui, personnellement, m’a beaucoup touchée. Il n’a pas eu une vie facile mais il ne se comporte ni comme une victime persécutée, ni comme un super-héros. Andoryss maîtrise bien sa psychologie, Matéo sonne « vrai », ses réactions sont très cohérentes et on ressent en lui les malaises profonds propres à l’adolescence. J’ai aimé la manière dont il évolue, petit à petit, sans changement trop radical toutefois. Il montre ses faiblesses, essaie de les dépasser, avec une force qu’il a parfois du mal à trouver. Il craque, comme tout le monde, mais pas dans l’excès non plus… L’équilibre est bien là.

Le second point fort du roman, c’est son univers. L’histoire se place dans la banlieue parisienne moderne ce qui permet à l’autrice de montrer des réalités sociales très actuelles. Le parallèle avec la Commune de Paris est, à mon sens, vraiment intelligent car on sent la critique sous-jacente et l’envie d’aider le lecteur à prendre conscience de certaines urgences qui forment notre quotidien, tout en restant subtile. Comme tous les romans de chez Lynks, celui-ci est indubitablement engagé sans pour autant sermonner le lecteur. Il lui prend la main et l’accompagne sur un chemin, à charge de celui qui lit d’adhérer ou non au propos.

Toujours dans l’univers, j’ai vraiment apprécié découvrir un pan plus méconnu de l’Histoire française. J’avais déjà entendu parler de la Commune à l’école mais comme le dit si bien le prof de Matéo, c’est une partie de l’Histoire sur laquelle on passe généralement très vite et en quelques mots seulement. Même en Belgique ! J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié la répartie du prof, dans cette scène. Moi qui suis férue de cette matière, j’ai vraiment eu le sentiment de me trouver en pleine Commune avec Matéo, complètement immergée dans le texte. Les descriptions sonnent juste, l’horreur est dépeinte avec brio sans pour autant tomber dans le gore ou la facilité sanguinaire. Les mots de vocabulaire propres à l’époque sont présents juste assez pour qu’on s’y sente projetés.

Ce qui est aussi appréciable, c’est tout ce qui concerne les Roms. Ce peuple nomade est toujours mal considéré, même au 21e siècle. Pourtant, il joue un rôle central dans ce roman et les éléments culturels qu’Andoryss nous permet d’apprendre sont dignes d’intérêts. Je ne sais pas dans quelle mesure ils collent à la réalité mais dans la diégèse du roman, ils me paraissent très crédibles. L’exploitation d’un peuple généralement laissé de côté et la manière dont l’autrice présente son intrigue, ses personnages, m’a fait ressentir un message de tolérance. Ou plutôt, un appel à la tolérance puisque Matéo subit du racisme, du harcèlement, que ce soient d’adultes ou d’autres lycéens. Souvent, on ignore carrément son existence et parfois, on trouve aussi des gens pour passer outre. C’est un roman terriblement humain, terriblement réaliste aussi.

L’aspect fantastique de l’univers est inspiré et bien pensé. J’ai juste regretté un manque de réflexion sur l’aspect temps / espace et sa logique d’exécution, même si Matéo s’en étonne lui-même. C’est mon côté un peu tatillonne mais on met facilement ce détail de côté pour plonger dans l’intrigue.

Enfin, l’écriture d’Andoryss ne manque pas de poésie et de sensibilité. C’est un tour de force que de réussir à s’exprimer comme un adolescent tout en conservant un certain niveau dans la langue. Forcément, on retrouve quelques répétitions et tournures populaires qui déplairont aux puristes mais j’ai trouvé, personnellement, que ça se mariait bien au texte. Les mots nous tiennent en haleine et il est difficile de refermer ce livre tant les chapitres s’enchaînent avec une facilité déconcertante. À ce propos, j’en profite pour souligner le rythme du roman, que j’ai trouvé bien construit et maîtrisé.

Pour résumer, je ne peux que vous recommander la lecture de ce premier tome. Si vous aimez les romans fantastiques qui restent ancrés dans le réel, si vous aimez l’Histoire et si vous avez envie de suivre un personnage touchant, le Passageur est fait pour vous. J’ai passé un excellent moment et j’attends avec une grande impatience la sortie du second tome !

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10 réflexions sur “#PLIB2019 Le Passageur #1 le Coq et l’Enfant – Andoryss

  1. Pingback: Pumpkin Autumn Challenge 2018 – le bilan | OmbreBones

  2. Pingback: BML#4 – octobre 2018 | OmbreBones

    • C’est vrai que quand on voit la couverture, on imagine un livre totalement différent. Pourtant, après la lecture du livre, on n’imagine pas une autre couverture… C’est paradoxal 🙂 Ce fut une agréable surprise pour moi !

  3. Olala ta chronique donne envie ! Perso, j’adore la couverture, mais c’est le titre du tome 1 qui ne me parlait pas du tout xD (et le fait que ça soit un tome 1 aussi :p ) Je sens que je vais craquer un jour pour ce livre !

    • Haha merci 🙂 Oui je te comprends j’étais comme toi mais à force de voir de bonnes chroniques passer j’ai été intriguée. Puis quand j’ai pu le demander en SP j’en ai profité, au final ça prouve bien qu’il ne faut pas s’arrêter à un titre ou une couverture (même si on le fait tous on est d’accord xD) En plus je pense que c’est vraiment ton genre de roman.

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