Fées, weed et guillotines – Karim Berrouka

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Fées, weed et guillotines
est un roman one-shot de type urban fantasy écrit par l’auteur français Karim Berrouka. Publié dans un premier temps chez ActuSF, il est disponible en poche chez J’ai Lu au prix de 8 euros. Ce roman a reçu le prix Elbakin en 2014.

Jaspucine est une fée, envoyée dans le monde des humains pour accomplir une mission importante mais aussi retrouver Zhellébore, une ancienne amie à cause de qui elle a (littéralement) perdu la tête durant la Révolution française. Hélas pour Jaspucine, le monde humain a beaucoup changé depuis cette époque et elle s’attache donc les services d’un détective privé. Ç’aurait pu être simple, s’ils n’avaient pas, presque par hasard, mis à jour une conspiration bien plus grave qui promet de mettre le monde des fées en très grand danger.

Connaissant déjà Karim Berrouka pour ses romans le Club des punks contre l’apocalypse zombie et Celle qui n’avait pas peur de Cthulhu, je commençais ce livre sans trop m’inquiéter, me doutant que j’allais passer un bon moment. Et c’est ainsi que je peux résumer ce livre: un bon divertissement. Ni plus, ni moins. Je ressens donc une pointe de déception même si, en soi, ce livre est bien. J’en attendais simplement trop.

L’univers de ce livre ressemble fortement au nôtre et est prétexte à une critique sociale pleine de justesse. Le personnage de Jaspucine, fée de son état, est parfaite dans ce rôle. C’est un point que j’ai apprécié d’autant qu’à travers elle, on en apprend davantage sur le monde des fées. Karim Berrouka distille ses informations de manière intelligente, à travers des courriers qui datent de la Révolution, le journal du nuiton ou simplement en mettant le lecteur, comme ses personnages, devant les faits. C’est rapide, nerveux, on n’a pas besoin de davantage pour s’immerger et finalement, on est dans le même bateau que Marc-Aurèle et ses compagnons d’infortune.

Dans ce monde moderne, Marc-Aurèle (le détective privé) va devoir enquêter et accepter l’existence des fées, bien que ça arrive un peu plus tard dans le roman. Il entrainera avec lui son collègue Étienne et, par la force des choses, Guillaume alias Premier de la Classe (appelé comme ça tout le long du livre, hormis à une seule exception). Les personnages manquent un peu de saveur, à l’exception justement de Premier de la Classe qui est assez déconcertant par son intelligence, sa façon de résister au charme des fées, son comportement sur le terrain… On se demande par moment si on est bien devant le même personnage qu’au début, c’est déconcertant. Hormis lui et peut-être un peu Jaspucine, tous sont là pour remplir des rôles et incarner des caricatures. Sur le coup, ça ne m’a pas vraiment gênée mais dans la seconde partie du roman, on le ressent davantage et ça peut gêner.

L’intrigue est très classique et son déroulement n’offre pas vraiment de surprise au lecteur. J’irai même jusqu’à dire qu’il y a quelques longueurs, surtout quand les fées sont de la partie. Leur façon de s’exprimer entre elles et prodigieusement agaçante mais j’ai bien compris que c’était voulu par l’auteur. Par contre, le dernier chapitre (surtout le tout dernier paragraphe) remet les choses en perspective et m’a fait finalement revoir mon opinion première sur le livre. J’ai saisi le message de l’auteur et son intention artistique, plutôt intéressante et, comme toujours, à contrepied de ce qui se fait habituellement.

On présente ce roman comme une revisite humoristique du roman noir et de l’urban fantasy. C’est vrai, mais ceux qui ont déjà lu l’auteur auront un goût de trop peu à ce niveau. L’humour ne m’a pas particulièrement transcendée. J’ai peut-être souri une fois ou deux, sans plus. Sûrement parce que je m’attendais à quelque chose de plus poussé, de plus déjanté. Si ç’avait été le tout premier roman que j’avais découvert de l’auteur, je l’aurai très certainement bien plus apprécié.

Pour conclure, Fées, weed et guillotines n’est pas un mauvais livre. Le lecteur passera sans nul doute un agréable moment de détente avec cette réécriture humoristique d’un texte d’urban fantasy plutôt classique.

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10 réflexions sur “Fées, weed et guillotines – Karim Berrouka

  1. Pingback: BML #2 – Août 2018 | OmbreBones

  2. Je me suis procuré celui-là et le club des punks lors de l’opération numérique des indés. Je crois que je vais commencer par les Fées pour aller crescendo avec les punks par la suite. Je ne m’attends pas à être transporté mais il est vrai que la plume de Berrouka m’intrigue depuis quelques temps. Belle critique comme toujours ^^

    • Berrouka est sans conteste un auteur talentueux avec une vraie personnalité littéraire. FWG est son premier roman, il va crescendo et je pense que tu apprécieras beaucoup plus la découverte en commençant par FWG pour continuer sur le club des punks plutôt que l’inverse ^-^
      Je te remercie pour ton compliment 🙂

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