#PLIB2019 Shâhra #1 les masques d’Azr’Khila – Charlotte Bousquet

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Les masques d’Azr’Khila est le premier tome d’un diptyque écrit par l’auteure française Charlotte Bousquet. Édité chez Mnémos, vous trouverez ce roman de fantasy orientale au prix de 20 euros le tome.
Je remercie les éditions Mnémos pour ce service presse !
Cette lecture rentre dans le cadre du challenge #S4F3 organisé par Albédo.
Ce roman a été sélectionné pour le #PLIB2019. #ISBN9782354086510.

Shâhra est avant tout une histoire de femmes. Celle d’Aye Sin, une augure accro à une drogue locale. Celle de Djiane, héritière d’une technique de combat secrète, mariée de force à un tyran. Celle de Tiyyi, une jeune esclave de quinze ans, seule rescapée de l’attaque d’un ver des sables. Celle d’Arkhane, une apprentie chamane androgyne qui se retrouvera amputée d’une partie d’elle-même. C’est aussi celle de Malik, ce sorcier noir aux desseins maléfiques. Tous ces personnages sont destinés à se croiser pour justement s’allier contre Malik, du moins c’est ce que nous laisse penser le roman. Et rassurez-vous, ce n’est pas un spoil !

Si ce livre avait tout pour me plaire, c’est pourtant une lecture en demi-teinte. Je lui trouve certaines qualités, mais il ne me convient pas vraiment à moi en tant que lectrice. Je m’explique !

Déjà, au niveau du style. On sent que Charlotte Bousquet n’est pas une auteure débutante, ses choix narratifs ont un but mais j’ai été par exemple gênée par le fait que les chapitres d’Aye Sin soient au présent, au contraire du reste du roman. Je comprends pour quelle raison (du moins j’entrevois la portée esthétique du choix), mais ça me dérange au niveau de la cohérence des temps et au début, ça m’a vraiment perturbée.
Le récit est divisé en trois parties et chacune de ces parties contient des poèmes, des chansons et des légendes qui permettent d’expliquer l’univers, son passé. On les découvre à travers diverses situations, ils sont tous bien imbriqués dans le récit. J’ai trouvé ça très inspiré, on sent toute la réflexion de l’auteure à ce sujet, mais le problème, c’est justement qu’on apprend trop de choses trop vite et ça devient brouillon. J’ai eu énormément de mal à rentrer dans le roman pour cette raison: l’univers est trop touffu, on ignore à quoi accorder de l’attention. Au final, les légendes m’intéressaient plus que l’histoire principale. Ce monde est riche, très travaillé, mais Charlotte Bousquet nous embrouille. Les personnages principaux sont déjà nombreux, alors si les anecdotes sur d’anciens royaumes et d’anciens peuples sont ludiques, elles perdent le lecteur en cours de route. Pour s’accrocher, il lui faudra une attention de tous les instants, ce n’est pas une simple lecture détente, qu’on se le dise.

Toujours concernant l’univers, il déborde de créatures légendaires, de mythologie orientale et c’est un des gros points positifs du livre. Il sortira le lecteur de ses habitudes et permettra de découvrir un autre type d’ambiance. C’est, personnellement, ce qui m’a le plus intéressée finalement: le bestiaire et les anciennes légendes, dont certaines sont issues d’autres textes / nouvelles de l’auteure, publiés dans des anthologies renseignées en bas de page.

Au sujet des personnages, les héroïnes se retrouvent dans des situations difficiles et convenues. En soi, ce n’est pas gênant parce que Charlotte Bousquet rend bien leurs états d’âme et leur évolution même si certaines restent plus intéressantes que d’autres. J’ai apprécié ce qui touchait à Djiane mais beaucoup moins Arkhane, d’autant que j’ai tiqué sur un détail: on la qualifie d’androgyne alors qu’elle est hermaphrodite, vu qu’elle dispose des attributs des deux sexes. En posant la question à l’auteure, j’ai compris que c’était une référence à Platon mais je pense que beaucoup de lecteurs risquent de tiquer là-dessus si pas de passer à côté, et c’est un peu dommage. On entre ici dans la confrontation d’un terme moderne avec une notion plus antique. Ça reste bénin, évidemment, mais je me devais de le signaler. J’ai aussi trouvé dommage que les efforts d’Aye Sin pour se sevrer ne soient pas davantage détaillés. Au final ce qui touche à ce personnage reste très superficiel, ce qui m’a frustrée. Quant à Malik, il manque cruellement de surprise pour le moment. C’est un archétype, même si j’ai apprécié de découvrir les lettres qu’il écrit à son père et qui donnent au récit une autre profondeur.

Ces héroïnes servent, à mon sens, surtout à porter des messages philosophiques et à représenter des situations hélas encore trop modernes de nos jours. Aucun doute, la fantasy de Charlotte Bousquet est profondément engagée. Djiane est la femme battue, abusée, qui a soif de liberté. Arkhane symbolise la difficulté de la quête identitaire. Aye Sin représente la volonté face à l’addiction et l’importance de se battre contre son oppresseur. Quant à Tiyyi, elle véhicule un message d’espoir d’une adolescente face à la pire des adversités. Je trouve ça positif de mettre en scène des femmes et de montrer leur valeur mais j’aurai aimé un peu plus de nuance et de profondeur. L’intention est très bonne mais je ne suis pas sûre que le contexte s’y prêtait si bien que ça.

Pour résumer, le premier tome de ce diptyque reste prometteur malgré des défauts propres à, justement, un premier tome. L’action n’avance pas énormément et le tout souffre de quelques longueurs. Pourtant, l’univers riche et les thèmes engagés abordés par Charlotte Bousquet en font un bon roman qui plaira aux lecteurs avides d’exotisme et d’univers à la fois riche et nuancé.

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17 réflexions sur “#PLIB2019 Shâhra #1 les masques d’Azr’Khila – Charlotte Bousquet

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  7. Il est dans ma wishlist celui-là… Du coup, je me pose des questions, et en même temps, j’avais apprécié la lecture de la Crécerelle qui, lui aussi, a des avis très mitigés. C’est embêtant d’avoir ce type de dilemme, surtout quand on est limité par le temps et le budget lecture. A voir… :/

    • Je suis bien désolée 😦 J’ai eu plusieurs commentaires de gens qui, à cause de ma chronique, ne lui laissaient pas sa chance alors que je fais en sorte de vraiment insister sur le fait que c’est « selon moi ». Le livre a des qualités mais il n’a pas réussi à me convaincre, mais peut-être qu’il te plaira à toi ! Peut-être essayer en numérique au pire?

      • Oh oui, je sais bien que c’est une question de goût. Mais c’est vrai qu’on accorde aussi de l’importance aux avis de certaines personnes, comme des blogueurs qui prennent le temps de mettre en mots leur ressenti. 😉 Le numérique est de plus en plus récurrent chez moi, la faute à un manque de place certain. ^^ Je pense que je me laisserai quand même tenter.

      • Oui je dois dire que moi-même, je me laisse de plus en plus influencer par les avis de certains blogueurs parce que quand on a des goûts communs, forcément… Puis il y a tellement de livres à lire, on est bien obligé de se baser sur quelque chose pour sélectionner ce à quoi on va accorder de l’attention :/
        Comme toi, le numérique prend de plus en plus de place parce que malheureusement, les murs de la maison ne sont pas extensibles :’) J’en profite surtout pour découvrir des auteurs, c’est bien pratique pour un premier contact ! J’ai hâte de lire ton avis sur Shâhra en tout cas quand tu te laisseras tenter, je suis curieuse de voir ce que tu en penseras.

  8. Bon, je m’attendais peut-être à mieux de ce livre dont j’attendais les différentes critiques. Bousquet c’est un style qui ne plaît clairement pas à tout le monde. La couverture superbe m’attirait mais ta critique ma convaincu de dépenser mes sous dans une autre oeuvre qui me plaira sans doute plus.

    • Pour le moment je n’ai pas lu d’autre critique hormis sur Elbakin et là aussi, c’est en demi teinte, mais le livre vient de sortir. Je n’aime pas trop écrire de critiques aussi mitigées mais comme c’est un SP il me faut faire un retour et rester honnête. Je pense que le livre a des qualités qui plairont à certains, mais ce n’est pas ma came. Et c’était mon premier Charlotte Bousquet donc je ne sais pas si c’est juste son style d’écriture qui ne me parle pas, c’est possible aussi 🙂

  9. Parfois les situations sont assez classiques, mais ce qui fait le sel sont le traitement et les personnages, je suis entièrement d’accord avec toi là-dessus.
    Je vais attendre piur voir si l’histoire décolle dans le second tome.

    • Personnellement, je ne pense pas lire le second tome j’ai déjà eu du mal à terminer celui là 😦 C’est dommage parce qu’il y avait du potentiel et de bonnes idées / intentions. Je ne crois pas avoir lu ta chronique sur celui ci, je l’ai loupée? Ou j’ai mal compris ton message?

      • Objectivement, on ne peut pas toujours renouveler un genre, ça n’aurait pas de sens. Comme tu l’as souligné, c’est le traitement qui fait l’originalité, ainsi que les personnages. Mais ici, j’ai relevé plusieurs faiblesses et le tout mis bout à bout, voilà. Après, ça dépend des goûts et des sensibilités de chacun. J’essaie vraiment d’insister sur le fait que c’est mon avis, qu’il n’engage que moi et de rester la plus objective possible mais ça a eu l’air de décourager plusieurs lecteurs. Dans le cadre d’un service presse, ça me met un peu mal à l’aise :/

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