Confessions d’un automate mangeur d’opium – Mathieu Gaborit & Fabrice Colin

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Confession d’un automate mangeur d’opium
est un one-shot steampunk écrit par Mathieu Gaborit et Fabrice Colin. Publié chez Bragelonne dans le cadre du mois du cuivre, il est disponible en poche au prix de 9.90 euros.

J’entends beaucoup parler de Mathieu Gaborit depuis quelques semaines, via notamment la sortie de nouveaux romans signés par lui chez Mnémos. Mon libraire ne tarissait pas d’éloges à son sujet, du coup j’ai eu envie de le découvrir. C’est principalement pour ça que j’ai tiré du fin fond de ma liseuse cet epub acheté pendant la #GrosseOP de Bragelonne. Quant à Fabrice Colin, je ne le connais que de nom, ça me donnait donc l’occasion de faire d’une pierre deux coups !

Mon avis sur ce roman est un peu mitigé, je ne vais pas vous le cacher. Je n’ai pas détesté mais je trouve qu’il lui manquait trop de choses, que les auteurs ne sont pas allés au bout de leurs idées.C’est dommage, quand on voit le soin porté à l’objet livre en tant que tel… Il aurait mérité un peu plus d’investissement.

Nous évoluons dans un univers steampunk situé à Paris en 1889, pendant l’Exposition Universelle. Margo est une actrice qui devient célèbre et va commencer à enquêter sur la mort mystérieuse de sa meilleure amie, aidée par son frère Théo qui est aliéniste. Cet improbable duo va se confronter à de nombreux dangers à la recherche de la vérité.

Pour être honnête, c’est davantage le titre qui a attiré mon attention, pour l’écho qu’il faisait dans mon esprit avec le Confession d’un elfe fumeur de lotus de Raphaël Albert. Je m’attendais à quelque chose dans la même veine et je crois que ça m’a un peu gâché le plaisir. L’intrigue est, somme toute, celle d’une banale enquête policière et on devine très vite comment cela va se terminer, qui est qui, qui fait quoi. Pourtant, je ne me suis pas ennuyée en le lisant: l’univers créé par les auteurs est plutôt riche et intéressant. Je regrette qu’il passe un peu en second plan même si j’ai apprécié les clins d’œil dissimulés tout du long (comme celui à Métropolis de Fritz Lang). L’écriture des auteurs est rythmée, maîtrisée, on sent qu’ils n’en sont pas à leur coup d’essai en matière littéraire. Ils utilisent les mots justes et évitent habilement les longueurs pour offrir une histoire divertissante qui se lit toute seule.

Les personnages principaux sortent aussi un peu du lot. S’ils ont tous un rôle très archétypal, Margo est une comédienne au fort caractère, plutôt agaçante la majeure partie du temps mais qui a au moins le mérite de proposer un personnage féminin différent de celles qu’on croise habituellement dans ce type de littérature. Théo, de son côté, est le stéréotype du scientifique obsédé par son objet d’étude et qui néglige tout le reste. Je l’ai beaucoup apprécié, même s’il manquait de surprise. Quant aux autres, ils servent leur fonction, à l’exception du fameux « automate mangeur d’opium » (je ne vous révèle évidemment pas son identité) qui avait vraiment une histoire intéressante et prenante. Je pense que j’aurai mieux apprécié le livre s’il avait été rédigé de son point de vue. Mais ç’aurait donné un ouvrage totalement différent !

Comme dans tout roman steampunk, Confession d’un automate mangeur d’opium propose une réflexion sur la société, sur les dérives technologiques et sur la notion d’humanité. Il ne révolutionne pas le genre et sera certainement vite oublié par beaucoup de lecteurs. Assez ironique quand on pense qu’il a posé justement les bases du genre en question puisque sa première parution remonte avant 2000 ! En le replaçant dans son contexte, il prend son sens mais dans le prisme du courant steampunk actuel, il perd énormément de son charme, selon mon point de vue. Pourtant, il remplit efficacement son rôle de divertissement et reste intéressant à découvrir. Je le conseille plutôt à ceux qui désirent s’essayer au genre ou qui aiment les romans mettant en scène une enquête.

11 réflexions sur “Confessions d’un automate mangeur d’opium – Mathieu Gaborit & Fabrice Colin

  1. Pingback: Bilan – le printemps de l’imaginaire francophone 2018 | OmbreBones

  2. C’est l’un des rares livres de Mathieu Gaborit que je n’ai pas lu, car les critiques sont globalement mitigées, comme c’est le cas pour toi. Du coup, j’hésite, j’hésite depuis longtemps…

    Quoi qu’il en soit, ses autres oeuvres, notamment Agone et Abyme, valent le coup, si jamais elles t’attirent 🙂

    • J’ai le premier tome de sa nouvelle saga dans ma PAL, c’est ma prochaine lecture 🙂 En fait j’ai commencé ce roman parce que tout le monde me conseillait Mathieu Gaborit et je l’avais acheté pendant la GrosseOP Bragelonne l’année dernière. Donc j’en ai profité et s’il n’est pas dénué de qualités, je ne le trouve pas transcendant non plus. C’est surtout son intrigue, le souci: on devine tout trop vite, du coup ça gâche le plaisir et la tension s’évapore. Je ne te le recommande pas, surtout si tu aimes déjà ses autres romans !

      • Ah, j’espère qu’elle te plaira ! J’ai vu pas mal de retours positifs sur la blogosphère, même de ceux qui n’ont pas lu la saga d’origine. Personnellement, j’ai beaucoup aimé le premier tome, j’ai retrouvé tout le talent qui caractérise Mathieu Gaborit, mais il m’a paru 10x trop court >.<.
        Toutefois, sa plume, la puissance de son imaginaire, cette capacité qu'il a d'accrocher son lecteur, tout y est ! Je vais m'arrêter là, sinon je vais refaire toute ma chronique, mais j'A-DO-RE cet auteur ^^

        Pour Confessions d'un automate mangeur d'opium, je pense qu'il va rester dans ma WL encore un moment. Un jour, peut-être ^^

  3. Mon avis pour ce roman est très proche du tien : une lecture sympa mais sans plus, qui n’apporte pas grand chose de neuf au genre. Ca ne m’a pas donné envie de découvrir d’autres ouvrages des auteurs xD

    • Bah honnêtement si je n’avais pas un SP d Mathieu Gaborit dans ma PAL je ne sais pas si j’aurai lu d’autres choses de lui. Après il faut replacer le livre dans son contexte mais ce n’est pas évident quand on est déjà une grosse lectrice de steampunk. C’est dommage parce qu’il y avait de bonnes idées mais c’est comme si on avait bridé les auteurs au dernier moment pour qu’ils écrivent quelque chose de plus lisse et de plus accessible…

      • Il a peut-être effectivement mal vieilli, mais c’est difficile de prendre en compte son âge lorsqu’on le lit :/ D’autres livres du genre ont super bien vieilli et sont encore passionnants de nos jours. Comme tu dis dans ta chronique, j’ai vraiment l’impression que les auteurs ont survolé le sujet sans tenter d’aller plus loin, ce qui est passé à l’époque où le steampunk était encore peu développé mais qui aujourd’hui ne pardonne pas 😮

      • Oui tu n’as pas tort ! Après il a eu le mérite de poser les bases du genre et d’oser se lancer dedans. Puis les auteurs étaient peut-être aussi moins sûrs d’eux à l’époque qu’aujourd’hui ! C’est pour ça, j’ai hâte aussi de lire le nouveau Mathieu Gaborit pour comparer un peu 🙂

      • Tu pourras voir si le style à évoluer…et peut-être nous donner envie de retenter de lire un de ses livres ! 😀

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