Premières lignes #6

Bonjour à tous et bon dimanche de Pâques !
J’espère que vous vous régalez de succulents œufs aux chocolats. Pour ma part, c’est le cas :3
Qui dit dimanche dit Premières Lignes, le rendez-vous hebdomadaire créé par Ma Lecturothèque. Je n’ai pas été très assidue là-dessus ces derniers temps parce que j’ai passé plusieurs dimanches en salon du livre et que je n’avais pas programmé l’article, n’étant pas chez moi pour consulter mes livres et retranscrire les premières lignes. Oui, je manque un peu d’anticipation parfois… Aujourd’hui, j’en profite donc !

Hier, j’ai publié un article pour le challenge 6 mois, 6 amis, 6 livres et je me suis demandée quel livre je conseillerai, moi, si on me posait la question. Je vais donc vous parler d’un roman qui m’a particulièrement touchée, qui a bouleversé ma vie de lectrice et à cause duquel j’ai subi une dépression littéraire pendant des semaines, parce que j’étais persuadée que je ne lirai jamais rien de meilleur. Il s’agit du Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas !

C’est un roman à replacer dans son contexte: 19e siècle, publié en tant que feuilleton dans les journaux, le style littéraire colle donc à son époque et cela rebutera peut-être certains lecteurs, peu habitués ou peu friands d’élans grandiloquents. Personnellement, j’adore et j’ai très envie de me replonger dans cette fabuleuse lecture. L’histoire d’Edmond Dantès est incroyable et les films ne lui rendent absolument pas justice. Le Comte de Monte-Cristo est un joyau à découvrir absolument.

Voici la 4e de couverture:
« 1815. Louis XVIII rétabli sur le trône se heurte à une opposition dont l’Empereur, relégué à l’île d’Elbe, songe déjà à profiter. Dans Marseille livrée à la discorde civile, le moment est propice aux règlements de comptes politiques ou privés. C’est ainsi que le marin Edmond Dantès, à la veille de son mariage, se retrouve, sans savoir pourquoi, arrêté et conduit au château d’If… Paru en 1844-1846, Le Comte de Monte-Cristo connut un succès qui ne s’est pas démenti, ce qui en fait une des ouvres les plus populaires de la littérature mondiale. Conteur éblouissant, aussi à l’aise dans l’action que dans le dialogue, Dumas nous entraîne sans nous laisser reprendre souffle du cabinet de Louis XVIII à la Méditerranée des contrebandiers, des îles toscanes aux catacombes de Rome, puis aux salons parisiens où le mystérieux comte de Monte-Cristo se dispose à accomplir sa vengeance… »
1

Et voici les premières lignes:
« Le 24 février 1815, la vigie de Notre-Dame de la Garde signala le trois-mâts le Pharaon, venant de Smyrne, Trieste et Naples.
Comme d’habitude, un pilote côtier partit aussitôt du port, rasa le château d’If, et alla aborder le navire entre le cap de Morgion et l’île de Rion.
Aussitôt, comme d’habitude encore, la plate-forme du fort Saint-Jean s’était couverte de curieux ; car c’est toujours une grande affaire à Marseille que l’arrivée d’un bâtiment, surtout quand ce bâtiment, comme le Pharaon, a été construit, gréé, arrimé sur les chantiers de la vieille Phocée, et appartient à un armateur de la ville.
Cependant ce bâtiment s’avançait ; il avait heureusement franchi le détroit que quelque secousse volcanique a creusé entre l’île de Calasareigne et l’île de Jaros ; il avait doublé Pomègue, et il s’avançait sous ses trois huniers, son grand foc et sa brigantine, mais si lentement et d’une allure si triste, que les curieux, avec cet instinct qui pressent un malheur, se demandaient quel accident pouvait être arrivé à bord. Néanmoins les experts en navigation reconnaissaient que si un accident était arrivé, ce ne pouvait être au bâtiment lui-même ; car il s’avançait dans toutes les conditions d’un navire parfaitement gouverné : son ancre était en mouillage, ses haubans de beaupré décrochés ; et près du pilote, qui s’apprêtait à diriger le Pharaon par l’étroite entrée du port de Marseille, était un jeune homme au geste rapide et à l’œil actif, qui surveillait chaque mouvement du navire et répétait chaque ordre du pilote.
La vague inquiétude qui planait sur la foule avait particulièrement atteint un des spectateurs de l’esplanade de Saint-Jean, de sorte qu’il ne put attendre l’entrée du bâtiment dans le port ; il sauta dans une petite barque et ordonna de ramer au-devant du Pharaon, qu’il atteignit en face de l’anse de la Réserve.
En voyant venir cet homme, le jeune marin quitta son poste à côté du pilote, et vint, le chapeau à la main, s’appuyer à la muraille du bâtiment.
C’était un jeune homme de dix-huit à vingt ans, grand, svelte, avec de beaux yeux noirs et des cheveux d’ébène ; il y avait dans toute sa personne cet air calme et de résolution particulier aux hommes habitués depuis leur enfance à lutter avec le danger.
« Ah ! c’est vous, Dantès ! cria l’homme à la barque ; qu’est-il donc arrivé, et pourquoi cet air de tristesse répandu sur tout votre bord ?
– Un grand malheur, monsieur Morrel ! répondit le jeune homme, un grand malheur, pour moi surtout : à la hauteur de Civita-Vecchia, nous avons perdu ce brave capitaine Leclère.
– Et le chargement ? demanda vivement l’armateur.
– Il est arrivé à bon port, monsieur Morrel, et je crois que vous serez content sous ce rapport ; mais ce pauvre capitaine Leclère…
– Que lui est-il donc arrivé ? demanda l’armateur d’un air visiblement soulagé ; que lui est-il donc arrivé, à ce brave capitaine ?
– Il est mort. »

Connaissez-vous cet auteur? Avez-vous déjà lu ce livre ou l’un de ces livres? Ce début vous donne-t-il envie? Dites-moi tout dans les commentaires ^_^

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23 réflexions sur “Premières lignes #6

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    • Oui c’est un roman très danse mais il se découpe en quatre parties donc tu peux le voir plutôt comme une saga? Faut dire que c’était un roman feuilleton, donc forcément… La matière ne manquait pas 😛
      Après faut se dire aussi que justement, comme c’était un roman feuilleton, t’as beaucoup de dialogue (vu qu’à l’époque on payait à la ligne !) du coup, ce sont des briques, mais qui se lisent plus vite qu’on ne le croit.

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