Cycle Anders Sorsele – Virginia Schilli

La trilogie qui compose le cycle Anders Sorsele a été écrite par Virginia Schilli, une auteure qui n’a plus rien publié (hélas !) depuis 2014. Sortie aux défuntes éditions du Riez, je m’étais procurée la trilogie dans le cadre de l’opération visant à sauver la maison d’édition, qui fut un échec. Aujourd’hui, ce cycle n’est plus commercialisé mais je vous en parle tout de même, dans l’espoir qu’il le soit de nouveau un jour ou que vous tombiez sur ces romans dans une brocante. Si vous êtes éditeur et que vous lisez ceci, prenez le temps de découvrir cette histoire, elle vaut vraiment le coup.

J’avais chroniqué les deux premiers tomes dans mon album facebook, aussi je me propose de vous parler de la saga complète, dans cet article.

Par le Sang du Démon :
Il est assez difficile de parler du contenu de ce roman sans vous spoiler les premiers chapitres, ce que je me refuse à faire parce que ce serait vous gâcher le plaisir et surtout, la surprise ! Je dois avouer qu’au départ, j’ai détesté le personnage principal ou plutôt, je la trouvais assez antipathique, agaçante mais au fil des pages, je me suis laissée happer par elle, par ses malheurs, par toutes les noires péripéties par lesquelles elle passe. Ce n’est pas pour autant une victime, disons que le terme « roman ambigu » colle assez bien à cette œuvre. Début mitigé donc, mais suite vraiment addictive !
Le style de Virginia Schilli me rappelle un peu celui des auteurs gothiques du 19e siècle. Elle possède une plume très travaillée et poétique, avec laquelle on ressent intensément les émotions de ses personnages. Celle autour de qui tout tourne, dans le livre, n’est pas manichéenne et l’auteure ne tombe jamais dans la facilité. Son héroïne est profonde, ambigüe… Et comme ça fait du bien ! Concrètement, c’est le premier tome d’une « histoire de vampires » mais à l’ancienne mode, rien avoir avec ce qu’on trouve dans la bit-lit ou dans l’urban fantasy actuellement. C’est vraiment délicieux à lire et j’ai passé un très bon moment avec ce roman.
Par contre, en arrivant à la fin, j’ai eu l’impression que le récit pouvait se clore sur lui-même.. Pourquoi ne pas l’avoir fait, d’ailleurs? Était-ce prévu d’origine? Je suis curieuse de découvrir ce qui se cache dans les deux tomes suivants.

Délivre-nous du mal:
Ce roman est à la hauteur du premier tome et il réussit à me surprendre. A la fin de Par le Sang du Démon, j’étais persuadée que ça aurait pu se conclure sur un seul tome et que rallonger l’histoire serait une erreur, mais j’étais loin du compte. Ce qui se déroule dans cet opus me le prouve et je tiens à souligner l’imagination foisonnante de l’auteure. On y retrouve la même recette: une mythologie démoniaque assez riche, une ambiance gothique moyenâgeuse maîtrisée, un goût prononcé pour le macabre mené avec talent par une plume digne des auteurs gothiques du 19e… Sincèrement, Délivre-nous du mal est à la hauteur du tome qui le précède.
Je sais que ce retour est un peu court, mais difficile de développer sans spoiler le contenu, l’intrigue, et croyez-moi, ça vaut la peine de le découvrir par soi-même.

L’Héritage du Serpent:
Il s’agit du troisième et dernier tome du cycle Sorsele, que je viens de terminer à l’instant. Je vous avoue que je ne sais pas par où commencer. On retrouve notre vampire où on l’a laissé, à savoir en Enfer, et on le suit à travers une nouvelle voie, celle d’une possible rédemption. Ce tome conclut la saga avec brio, il répond à toutes les questions qu’on a pu se poser, il nous surprend avec des révélations auxquelles on ne s’attendait pas, et met surtout l’accent sur le fait que l’humain peut-être un démon pire que ceux qu’on trouve en Enfer. Je ne m’attendais pas du tout à ce que l’auteure nous révèle dans ce tome, je me demande si je suis vraiment naïve ou si c’est elle qui brille par sa maîtrise de l’intrigue. Elle bousille à nouveau tous nos repères, nous donne aussi une leçon: on ne peut jamais être certain de rien et le mal peut se cacher sous les dehors les plus avenants.
Toujours est-il que, si la conclusion de l’histoire d’Enimia en elle-même avait quelque chose de décevant (c’est mon côté macabre) l’épilogue a tout brillamment rattrapé. Et quel épilogue, franchement… Du génie.

Cette saga m’a conquise et je tenais vraiment à vous en parler. Elle est à part, différente de tout ce que j’ai pu lire jusqu’à maintenant et ça a été un régal, une bouffée d’air. Le style de l’auteur (au risque de me répéter) est vraiment travaillé et son histoire exploite les mythologies démoniaques à l’ancienne mode, de quoi ravir les fans du genre. J’espère qu’un éditeur aura, un jour, la bonne idée de rééditer ce cycle et que l’auteure va recommencer à écrire, car elle a du talent.

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