Memorex – Cindy Van Wilder

memorex-cindy-van-wilder-gulf-stream-editeur.jpg

Memorex est un roman d’anticipation écrit par Cindy Van Wilder (une auteure belge !) et publié chez Gulf Stream dans la collection Électrogène, il s’agit donc d’un one-shot. Vous pouvez vous procurer ce livre en librairie puisque l’éditeur est bien distribué, au prix de 17 euros.

Je connais Cindy Van Wilder depuis un bon moment maintenant, via Agnès Marot (dont je vous recommande la lecture d’I.R.L dans la même collection). J’ai directement eu envie de découvrir cette auteure sympathique au rire devenu légendaire sur les salons du livre, sans toutefois parvenir à me décider par quel titre commencer. D’autant que, elle et moi, on joue vraiment de malchance. Soit j’ai dépassé mon budget, soit j’ai dû annuler ma venue en salon, soit j’ai dû partir trop vite, bref… Une fois aux Halliénnales, assis quasiment en face d’elle, toutes les conditions étaient réunies pour que je craque enfin ! Et quoi de mieux qu’un one-shot pour découvrir un auteur? Voilà comment Memorex a rejoint ma PAL.

Memorex raconte principalement l’histoire de Réha, une jeune fille dont la mère est morte un an auparavant dans un attentat perpétré contre sa fondation, Breathe. Depuis, tout s’effondre autour d’elle, sa famille se délite, son frère jumeau n’est plus le même, son père s’enferme sur son île privée… Et elle reçoit un mystérieux e-mail, qui lui laisse penser que bien des mystères sont encore à éclaircir autour de cet attentat, dont le coupable n’a toujours pas été arrêté.

Je ne savais pas quoi penser de la 4e de couverture. A priori, ce n’était pas trop mon genre de lecture mais Agnès m’a bien vendu le livre et j’ai été très agréablement surprise par son contenu. Réha est une jeune femme qui évolue dans un milieu social aisé (académie privée, enfance sereine loin des soucis financiers sur Star Island, etc.) mais qui n’en est pas snobe pour autant. Elle est fragile, perturbée, elle souffre sans pour autant s’apitoyer sur son sort, elle s’interroge beaucoup sur ses émotions, les refoule sans vraiment le faire, ce qui la rend très humaine, très attachante, parce qu’on sent sa volonté de s’en sortir, de ne pas sombrer dans la folie après le drame qui l’a frappé, et toute la difficulté que cela implique.

Si j’ai aimé la suivre et découvrir les protagonistes qui gravitent autour d’elle, j’ai toutefois deviné l’intrigue assez vite. J’avoue que je ne m’attendais pas à ce que ça aille si loin pour son frère jumeau, mais on comprend rapidement certains éléments clés de l’histoire (que je ne cite pas pour ne pas vous bouder le plaisir). De plus, j’ai été un peu perturbée par le changement de narration. Avec Réha, on est à la première personne (puisque c’est le personnage principal) mais ses chapitres sont parfois suivis d’autres chapitres, qui servent à présenter son père, oncle Mike, Aïki, des rapports divers et variés… Dans ceux-ci, on passe à la troisième personne et ensuite, on retourne à la première pour les quelques chapitres consacrés à Aïki, ce qui rend le roman un peu inégal. Cela permet, certes, de comprendre les motivations et la psychologie de chacun, mais était-ce vraiment utile à l’histoire en elle-même? Et à celle de Réha? Je m’interroge.

Du coup, en tant que lectrice, ça me sortait de ma lecture, ça m’empêchait d’être à 200% avec Réha. Si j’ai bien conscience que les informations données sont importantes pour comprendre toute l’intrigue, elles en disent justement trop, trop vite, et ça nous permet de deviner les contours d’une intrigue pourtant intéressante, mais gâchée sur certains points à cause de ces chapitres supplémentaires, ce qui m’embête car construit autrement, je pense que Memorex aurait pu être un coup de cœur.

Toutefois, le point fort de ce roman se situe surtout dans les thématiques qu’il aborde. Le côté attentat a un écho avec notre actualité (bien que le contexte idéologique soit différent), les réflexions d’éthique scientifique, dans un monde de plus en plus automatisé, permettent aussi de tirer la sonnette d’alarme et de nous faire prendre conscience de problèmes qui existent déjà aujourd’hui, en 2017, et depuis plusieurs années. C’est quelque chose que j’ai vraiment apprécié, parce que ça fait de Memorex un roman engagé sans toutefois être dirigiste envers son lecteur. Outre ces éléments, on y parle évidemment de la famille, du deuil, du pardon, des apparences qui sont trompeuses… Des thèmes assez courants mais que l’auteure met en scène d’une manière qui a su me toucher. Mention spéciale à Aïki, un personnage surprenant, complexe… Je me demande si une sorte de suite le mettant en scène, pour pousser un peu plus loin l’univers, est envisageable (ou envisagée?). Quoi qu’il en soit, j’ai beaucoup aimé les jumeaux et Holy, qui s’est révélée plus chouette que prévu.

En bref, malgré quelques points négatifs, j’ai passé un bon moment avec Memorex. Je suis sortie de ma zone de confort et j’ai apprécié le voyage dans cet univers. Je le recommande aux lecteurs qui désirent lire un livre intelligent, pas seulement divertissant, un livre qui les poussera à réfléchir un peu sur le monde dans lequel nous vivons, agrémenté par quelques personnages intéressants.

Publicités

3 réflexions sur “Memorex – Cindy Van Wilder

  1. Pingback: #PLIB2019 Terre de Brume #1 le sanctuaire des dieux – Cindy Van Wilder | OmbreBones

  2. Je suis bien contente de l’avoir déjà dans ma pal celui-là après avoir lu ta chronique d’autant plus que passer d’un point de vue interne à un point de vue externe sur d’autres personnages ne me dérangent pas généralement! 🙂

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s