American Gods – Neil Gaiman

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American Gods est un roman fantastique écrit par le talentueux Neil Gaiman, un auteur qu’on n’a plus besoin de présenter. Disposant depuis peu de son adaptation télévisée grâce à Amazon Prime Video, le roman est quant à lui disponible chez J’ai Lu au prix de 8.90 euros. Je n’ai pas encore regardé la série donc je ne vais pas la conseiller, mais je me réjouis de m’y mettre si elle est à la hauteur du roman !

J’ai entendu parler de ce livre pour la première fois au moment où Amazon a annoncé l’adaptation télévisuelle, via les gens qui réagissaient à ce propos. Intriguée, je me suis un peu renseignée et ça m’a immédiatement donné envie de regarder. Sauf que je préfère toujours lire le livre en premier… Me voilà donc partie chez mon libraire pour le commander ! Le concept en lui-même me parlait beaucoup et comme j’avais déjà lu un autre roman de l’auteur (De Bons Présages qu’il a écrit avec Terry Pratchett et que je vous recommande très chaudement) qui compte parmi mes livres préférés, je ne craignais pas trop de me lancer dans l’aventure.

Est-ce que je m’attendais au contenu de ce livre? Pas vraiment, et je vous avoue que la surprise a été excellente. J’ai péché par habitude, je pensais lire un roman sous tension, bourré d’action, de combats épiques, avec des dieux ultra-badass, bref de l’urban fantasy contemporaine à la sauce Hollywood. Au lieu de ça, Neil Gaiman nous offre un roman profond, d’une rare intelligence, extrêmement bien construit, qui nous oblige à nous questionner sur la notion de foi, de dieu(x), de croyance, tout simplement, et sur notre société, sur nos habitudes personnelles, le tout sans en avoir l’air.

Nous suivons principalement Ombre, un ex-détenu tout juste sorti de prison. Parti pour rejoindre sa femme, il apprend sa mort et rencontre dans la foulée un mystérieux personnage, Voyageur, qui lui propose un travail. Ombre l’accepte finalement et se retrouve embarqué aux côtés de cet être fantasque, à travers toute l’Amérique, pour rencontrer des dieux tirés de cultures variées. L’idée de Voyageur, c’est de rassembler les anciens dieux pour lutter contre la menace représentée par les nouveaux, afin d’assurer leur survie. Mais ce n’est pas de tout repos… Et très vite, on se rend compte que la situation est bien plus compliquée qu’elle n’y paraît.

J’en profite pour glisser quelques mots au sujet du personnage d’Ombre, qui est assez interpellant. Au départ, je l’ai trouvé très lisse, très détaché, comme si rien ne le touchait vraiment. Il subit un peu les évènements: sa femme meurt, il ne pleure pas (enfin pas tout de suite), il rencontre un inconnu bourru et excentrique, il accepte finalement son offre d’emploi après avoir refusé, sans qu’on sache vraiment ce qui provoque le déclic en lui. Il côtoie des dieux, mais ne panique pas au moment où il comprend que ce n’est pas une blague. Comme si rien ne pouvait le surprendre, comme s’il était blasé de tout. C’est très déconcertant car il n’agit pas comme un héros standard, comme on s’attend à ce qu’il soit, mais plus on avance dans le roman et plus on comprend Ombre, on s’attache à lui. Il va vous déconcerter, au départ, mais croyez-moi, il vous réserve de chouettes surprises.

American Gods est un road-novel (comme un road-movie, mais version papier) fantastique. On voyage d’un bout à l’autre du territoire américain, on découvre tout un tas de lieux très typiques, très pittoresques, au fin fond des États-Unis. Et on a l’impression d’y être ! On apprend des bouts d’Histoire, on découvre des créatures dont on ignorait jusqu’à l’existence, on révise nos mythologies, on les étend aussi, sur six cent pages qui passent à la fois vite et lentement. Vite, parce que les évènements s’enchaînent, l’action est très dense, mais paraît pourtant lente. Sur quelques pages, on a lu énormément mais on n’a pas beaucoup avancé sur le nombre de pages en lui-même, ce qui est assez perturbant mais contribue pourtant au rythme bizarre, différent, de ce roman. J’ai eu l’impression que tout, jusque dans le format de l’objet-livre, a été pensé pour contribuer à la sensation de décalage qu’on ressent au fil de la lecture. Depuis quatre jours, moi aussi, j’ai eu l’impression que l’orage grondait non loin…

American Gods est, en lui-même, difficile à classer. Pas un ovni littéraire, mais le genre de roman qu’on ne lit pas souvent, qu’on ne nous propose pas assez dans les rayons des librairies. Il est d’une rare intelligence (comment ça je radote?) et plutôt bien écrit. J’ignore si ça vient de la traduction ou si c’est la façon dont Gaiman s’exprime véritablement, mais il va droit au but, enchaîne les paragraphes avec une certaine brusquerie, pour interpeller et perdre le lecteur à la fois. Par moment, j’ai dû relire la phrase d’avant pour m’y retrouver mais finalement, dans la diégèse du roman, ça ne choquait pas tant que ça. Les indices qu’il sème tout au long du récit trouvent sens dans la résolution finale que, personnellement, je n’avais pas du tout vu venir. Je suis restée sidérée et j’adore quand un roman me donne cette sensation.

En bref, je recommande chaudement American Gods. C’est une perle rare, un must-read de la littérature fantastique qui enrichira votre culture, votre philosophie, peut-être même votre âme. Vous ne regretterez pas l’aventure, foncez !

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5 réflexions sur “American Gods – Neil Gaiman

  1. J’ai commencé la série sans réaliser qu’il y avait un livre à la base, je ne l’ai vu qu’au troisième épisode … oui je sais… la série est super !! Je n’aime pas trop lire après avoir vu l’adaptation mais je lirai quand même le livre, surtout après ton avis 😊😉 !!

    • J’ai vu seulement le premier épisode de la série, par curiosité mais comme je connais la fin, ce n’est pas dans mon top priorité 😛 J’adore l’esthétique particulière de la série qui colle vraiment au roman mais je n’imaginais pas Ombre comme ça du coup ça me perturbe xD Franchement ce roman est une expérience de vie limite, faut tenter !

  2. Ah, c’est un classique!

    J’aime beaucoup ce que tu dis de l’écriture de Gaiman, ça me paraît très bien observé. Parfois, surtout dans d’autres romans, il a un peu tendance à être démonstratif, à souligner ses effets de manière un peu lourde, mais ici il a trouvé le bon équilibre. C’est le meilleur Gaiman avec The Graveyard Book, selon moi (et The Sandman bien sûr).

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