Le Roi des Fauves – Aurélie Wellenstein

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Le Roi des Fauves est un one-shot de dark medieval fantasy écrit par Aurélie Wellenstein. Publié d’abord chez Scrineo au prix de 16.90 euros, il est également disponible en format poche chez Pocket au prix de 7 euros. Depuis 2015, il a été finaliste à de nombreux prix comme celui des Halliénnales ou le prix Imaginale des Lycéens.

Je vois passer ce roman depuis que j’ai commencé à fréquenter les salons littéraires en 2015. Et pour cause, ce roman a commencé sa carrière en même temps que moi… La première chose qui m’a intriguée, c’est sa couverture absolument sublime. J’adore cette illustration, elle est sombre, malsaine et elle prend tout son sens après la lecture du livre. Je ne sais pas pourquoi j’ai mis si longtemps à me procurer ce roman, ni pourquoi il est resté dans ma PAL depuis avril 2017. Je regrette vraiment de ne pas l’avoir lu avant, parce que nous sommes en présence d’un très bon texte !

Le Roi des Fauves raconte l’histoire de trois adolescents: Ivar, Kaya et Oswald. Dans leur village, la famine règne et ils en sont réduits à oser braconner sur les terres du Jarl, pour se nourrir, eux et leur famille. Ils sont surpris par un jeune seigneur et son berserkir, arrêtés puis condamnés à un sort pire que la mort. Enfermés sur des terres maudites, contenus par une barrière magique après avoir été obligé d’avaler un parasite, ils vont se transformer, au bout de sept jours, en berserkir. Des hommes bêtes enragés, dépourvus d’humanité.

En lisant la quatrième de couverture, je ne m’attendais pas à un roman de ce genre. En réalité, je ne sais pas à quoi je m’attendais et j’ai un peu de mal à rassembler mes idées, tant j’ai des choses à dire sur ce livre. Excusez par avance si ça parait brouillon !

Nous évoluons dans un univers de type médiéval, inspiré de la mythologie nordique. On le ressent à travers l’utilisation du terme « jarl » mais aussi le nom des villages, des lieux, et le bestiaire exploité. Je n’ai pas eu l’occasion de lire beaucoup d’œuvres qui y trouvaient leur inspiration et j’en ai été enchantée. Par contre, difficile de définir si ça se passe dans un monde semblable au nôtre ou dans un tout autre endroit. J’aurais tendance à opter pour cette seconde option, ce qui justifierait un point qui m’a un peu dérangé: la façon dont s’expriment les personnages. Par moment, ces adolescents ont des expressions un peu trop modernes. J’ai tiqué sur l’utilisation du mot « fringue » ou « putain de merde » qui me paraissent tellement contemporain et incongrus dans ce contexte que ça m’a fait sortir du livre pendant quelques pages. C’est un détail, mais je me devais de le relever, parce qu’il y a peut-être une explication qui m’a échappée.

Les personnages sont intéressants et douloureusement humains. Ivar est celui au travers de qui on vit cette mésaventure, bien que le roman soit écrit à la troisième personne. C’est un jeune homme qui manque parfois un peu de caractère, qui ne prend pas les bonnes décisions ou en tout cas, pas au bon moment. C’est un garçon qui veut bien faire mais qui rate son coup à chaque fois, ça pourrait être n’importe qui. Oswald est un lâche peureux qui tient à ses amis et on sent que c’est cette amitié qui le tire vers l’avant. Quant à Kaya, c’est une fille au fort caractère, qui est difficile à cerner, c’est celle que j’ai la moins appréciée parce que je la trouvais injuste et inconstante. Pourtant, c’est imputable à son humanité, au fait que, finalement, nous non plus, on n’est pas toujours logique ou cohérent dans nos actions, quand elles sont dictées par la peur et / ou des situations extrêmes.

La plume de l’auteure est travaillée et colle à la thématique du texte tout en restant accessible. La troisième personne permet de décrire l’environnement et l’univers sans que ça ne sonne faux dans la bouche du personnage, mais cela ne l’empêche pas de nous plonger dans les tourments intérieurs d’Ivar. Elle utilise toujours le bon mot qui touche juste, ce qui nous offre un texte immersif sans être alourdi par des adjectifs pompeux. Il y a une vraie maîtrise du vocabulaire, qu’on peut saluer.

J’ai particulièrement apprécié la dernière partie du livre, surtout les deux derniers chapitres. Je n’en dit pas trop parce que je refuse de spoiler, mais c’est ce qui me fait classer ce roman en dark fantasy et me pousse à le conseiller avec ferveur. Parce que l’intrigue en elle-même est assez classique pour de la fantasy, mais je trouve que les derniers chapitres changent totalement la donne.

En bref, j’ai passé un très bon moment avec cette lecture ! Je recommande ce roman aux lecteurs qui aiment les histoires sombres, violentes, qui apprécient la mythologie nordique et qui ont envie de découvrir un one-shot qui sort du lot. Il mérite, selon moi, amplement sa nomination et sa victoire dans tous ces prix littéraires. J’ai passé un très bon moment avec le Roi des Fauves et je vais me pencher sur le reste de la bibliographie d’Aurélie Wellenstein, qui a une vraie personnalité littéraire.

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2 réflexions sur “Le Roi des Fauves – Aurélie Wellenstein

  1. Pingback: Le Dieu Oiseau – Aurélie Wellenstein | OmbreBones

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