Le Simulacre #1 la seconde vie de d’Artagnan – Jean-Luc Marcastel

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Le premier tome du Simulacre, intitulé la seconde vie de d’Artagnan, débute une saga uchronique de science-fiction qui se déroule dans un Paris du 17e siècle. Je sais, c’est du jamais vu ! L’auteur, Jean-Luc Marcastel, est français (quoi que alien littéraire?) et est publié aux éditions Matagot. Son roman ne coûte que 15 euros et cet homme réalise probablement les plus belles dédicaces que j’ai jamais vu, avec des armoiries, de la poudre d’or et de la calligraphie, rien de moins !

Le Simulacre prend place dans une France du 17e siècle un peu particulière puisqu’elle dispose d’une technologie très avancée, offerte par les Archanges, des êtres arrivés des cieux pour combattre une invasion qui manqua de rayer toute vie de la surface de la terre. Sont-ils des extraterrestres ou de véritables envoyés de Dieu? Difficile d’en être bien certain. Toujours est-il que, dans ce contexte hors du commun, nous retrouvons le célèbre d’Artagnan, en chemin pour la Versailles Céleste. Sur le même navire (si on peut dire) il rencontre Estella, une jeune voleuse qui tente de lui dérober une jolie bague qu’il porte en collier autour du cou… Mauvaise idée? Et pas qu’un peu… Il s’avère que d’Artagnan est traqué par les sbires mécanomates du Cardinal et maintenant qu’ils ont été vu ensemble, Estella est tout autant en danger. Après un combat d’anthologie, d’Artagnan se sacrifie pour permettre à Estella de fuir et lui confie la bague, qu’elle devra protéger jusqu’à ce que quelqu’un vienne la réclamer, en lui assurant qu’elle reconnaitrait le quelqu’un en question. Au même moment, sur terre, s’éveille… D’Artagnan ! Du haut de ses vingt ans. Sauf qu’il s’agit d’un Simulacre, porteur des souvenirs de l’original, quoi qu’il ait un trou de trente ans dans sa mémoire. Aidé par Planchet, il s’envole alors pour Paris dans l’espoir de retrouver la personne à qui l’Original a confié la bague.

Vous le savez peut-être, j’ai une affection et une tendresse très particulière pour le personnage de d’Artagnan et ce, depuis des années. Je l’ai déjà évoqué dans ma chronique sur la Magie de Paris, d’Olivier Gay. C’est ça, en tout premier lieu, qui m’a attirée sur ce roman et je n’ai pas été déçue. Je trouve que l’auteur parvient à donner un souffle moderne au personnage tout en conservant les traits de caractères qu’on retrouve chez Dumas. Grâce au Simulacre, qui ne connait rien des nouveautés du monde, nous découvrons cet univers transformé et je pense que c’est ici que le bas pourrait blesser, chez les puristes qui n’ont pas l’esprit ouvert. Il est nécessaire d’accepter les modifications profondes apportées au paysage du monde par les ajouts de science-fiction, sans quoi vous ne passerez pas un bon moment. Je n’ai pas eu ce souci, mais d’autres pourraient l’avoir.

J’ai lu ce roman en deux jours. C’est prenant, haletant, bourré d’action et de combats bien détaillés. Le fond de l’intrigue est assez classique mais l’univers empêche qu’on s’en rende compte tant il témoigne de l’imagination de l’auteur.

Un bémol, toutefois, outre les quelques coquilles que j’ai pu repérer qui tiennent davantage de l’inattention qu’autre chose. Si j’ai apprécié cette lecture qui est un très bon divertissement et fait vibrer en moi la corde sensible, je reproche à ce roman le placement de ses illustrations. Ces dernières sont très jolies, réalisées par Jean-Mathias Xavier, mais ne sont pas intercalées de manière judicieuse. Systématiquement ou presque, elles spoilent ce qui va se passer dans le chapitre qui suit et ça gâche un peu la découverte. J’aurai aimé qu’elles suivent le propos ou se mette en vis à vis de la page concernée, mais là, elles ont ôtées une partie de la surprise. Je vous conseille donc de ne pas lire la légende sous les images avant de lire le chapitre…

Autre petit point négatif, mais c’est paradoxal… Vous allez comprendre. Estella est un personnage intéressant, mais les femmes du roman sont toutes présentées comme magnifiques, des créatures de rêve, et le regard posé sur elles par les hommes est systématiquement lubrique. On sent que l’auteur n’a pas de mauvaises pensées là-dessus et que, somme toute, il respecte probablement les codes littéraires de l’époque pour donner à son œuvre plus de réalisme. Pourtant, je l’ai déjà souligné, mais pourquoi dire « la belle rousse » en parlant d’une femme et pas « le beau brun » pour l’homme, dans ce cas? Pourquoi insister sur le fait que sa poitrine attire le regard, pourquoi la déshabiller, quand on ne le précise pas pour d’Artagnan? Estella est une héroïne typique des romans de cape et d’épées à la jolie plastique et au caractère bien trempé. Le duo formé avec d’Artagnan est attendu, l’émoi qu’elle ressent face à ce héros aussi. Somme toute, ce n’est pas fondamentalement désagréable mais ça me fait un peu grincer, ce côté hypersexualisé de l’héroïne. Un souci récurrent chez les auteurs masculins bien que, je le répète, cela peut se justifier dans un roman comme celui-là, vu le cadre historique où il se pose. Et je pense très sincèrement que l’auteur a de bonnes intentions.

Jean-Luc Marcastel nous offre un roman tout public avec un héros de la littérature connu et aimé de tous. Sa plume conviendra aux plus jeunes comme aux plus âgés, qui ne manqueront pas de passer un bon moment dans ce Paris alternatif dont on saluera bien bas la création. L’auteur ne manque pas d’imagination, c’est certain et c’est appréciable. Il ose beaucoup et reste très cohérent dans ce qu’il propose.

Notez que ses romans sont commandables en librairie. Ce que je vais m’empresser de faire pour le tome 2.

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