Godblind #1 – Anna Stephens

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Godblind est le premier roman écrit par l’auteure anglaise Anna Stephens. La publication chez Bragelonne est prévue pour le 18 octobre 2017 (en grand format donc) et la saga comptera trois tomes en tout. J’ai eu la chance de recevoir un exemplaire numérique en service presse via le site NetGalley et je remercie très chaleureusement Bragelonne pour cet envoi.

Je l’ai dit, Godblind est un premier roman… Et j’ai été très surprise que ça soit le cas, puisqu’on n’y retrouve pas les problèmes habituels inhérents à une première parution. L’auteure nous propose un univers très dense et bien maîtrisé. On sent qu’elle l’a beaucoup travaillé, il n’y a pas d’incohérences ni de facilités scénaristiques flagrantes. L’écriture est maîtrisée (notez toutefois que je l’ai lu en français, donc traduit…) ainsi que le vocabulaire inhérent à la guerre ou aux différents types de personnages.

Parce que Godblind, c’est non seulement de la dark fantasy, mais également un roman guerrier. Nous suivons plusieurs personnages d’horizons différentes dont les chemins sont amenés à se croiser dans la lute contre les Mirécès (ou de leur côté, notez), un peuple adorateur des dieux sanguinaires qui sont coincés derrière le voile… Et aimeraient bien que cette situation change ! Les thématiques sont assez classiques pour de la fantasy: la ferveur religieuse qui mène à toutes les extrémités, les dieux qui jouent avec les humains, les intrigues politiques à foison, mais ce n’est pas parce que c’est classique que ça en devient mauvais ou ennuyeux. La force de ce roman se situe d’ailleurs surtout dans ses personnages qui sont travaillés et qui sonnent vrais. Par exemple, Rillirin est une esclave qui a été violée et battue pendant neuf ans par les Mirécès, et bien ses traumatismes sont visibles, elle met du temps à se reconstruire, elle ne devient pas une grande guerrière puissante du jour au lendemain. Elle s’entraînera aux côtés des Loups mais l’auteure insiste bien sur le fait qu’elle n’est pas une guerrière même si elle essaie de se débrouiller, ni une prodige ou quoi que ce soit. C’est juste une femme qui ne veut plus subir d’humiliation. Relevons également le cas de Dom, qui porte le fardeau des dieux, est aussi faible que n’importe quel homme face à la tentation. Ce ne sont que deux exemples parmi d’autres (je ne peux pas développer davantage sans spoiler) mais ils sont parlants.

J’en profite pour glisser un mot sur les personnages féminins. Il y en a tout autant que des masculins, dans ce roman, et toutes sont intéressantes. Elles ne servent pas de potiches, pas plus qu’elles ne ressentent le besoin de dominer tous les autres hommes présents. Elles sonnent vrais, l’auteure a bien travaillé là-dessus et c’est agréable de lire un roman de fantasy qui soit équilibré à ce niveau. Chapeau !

L’intrigue est complexe, fouillée. Ce n’est pas un roman à lire simplement pour se détendre, il faut un minimum de concentration pour ne pas perdre le fil et c’est, selon moi, un point positif. Sur un tome (qui est quand même une brique de presque 500 pages grand format) énormément d’évènements se déroulent. Des situations s’enchaînent, des guerres commencent, il y a beaucoup de batailles dans la seconde partie du roman, de la stratégie militaire aussi, l’auteure m’impressionne par ses connaissances et par le soin qu’elle a apporté à tous ces détails. J’ai encore du mal à croire qu’il s’agit d’un premier roman ! Et pourtant, j’ai vérifié.

Outre la guerre, Godblind, c’est aussi du sang et des passages plutôt violents. Âmes sensibles s’abstenir, j’ai moi-même grimacé à la scène du sacrifice. Ces passages sont détaillés de manière crue, ce qui intensifie l’horreur ressentie non seulement à ce moment, mais à d’autres aussi. Si le sexe est éclipsé (idem pour les viols, j’entends par là qu’on n’a pas droit aux détails) il est esquissé clairement et cela peut en gêner certains. Ce ne fut pas mon cas, mais ça peut être utile de le préciser. Je le répète, ce roman est de la dark fantasy et ça ne convient pas à tous les publics, même si c’est un genre que moi-même j’affectionne particulièrement. L’auteure nous brosse un portrait du mal, de la torture, des extrêmes, avec brio.

En bref, Godblind est le premier tome d’une saga de dark fantasy très prometteuse et un excellent premier roman. S’il aborde des thèmes assez classiques, le roman parvient à nous accrocher avec ses personnages soignés, son univers intéressant et son ambiance guerrière. Je recommande à tous les fans du genre !

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