Moi, Lucifer – Glen Duncan

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Moi, Lucifer de Glen Duncan est un roman de type fantastique publié en collection poche chez Folio SF au prix de 8.20 euros et ce, depuis 2011. L’ouvrage n’est donc pas si récent que cela et est une traduction, puisque l’auteur est anglais.

Laure-Anne m’a prêté ce roman en même temps que Rue Farfadet et Après le Déluge. Il trainait dans ma PAL depuis le mois de mars, sans trop savoir pourquoi je ne m’étais pas encore ruée dessus. Après tout, un roman avec Lucifer en personnage principal… Sincèrement, comment ne pas aimer? Je l’ai finalement tiré de ma PAL pour lui rendre quand on se verra fin de semaine. Je venais de terminer un roman franchement mauvais et il me semblait être le remède idéal à mon amertume.

Erreur.

Comprenez-moi bien: Moi, Lucifer n’est pas un mauvais livre. C’est un livre spécial, particulier, qui a des qualités mais où on retrouve surtout les faiblesses d’un premier roman. Lucifer en personne nous raconte son histoire, en parallèle avec celle de l’auteur qu’il possède (auteur qui a quasiment le même nom que celui qui a écrit ce roman, au fait… Subtilité bonjour.) Cette réécriture biblique est vraiment intéressante à découvrir, la manière dont Lucifer est dépeint également (enfin, dont il se dépeint lui-même). Malheureusement, le style familier à la première personne du singulier gâche un peu l’effet global. Ou plutôt, il rend parfois le roman franchement lourd à lire.

Parce que Lucifer digresse. Il digresse beaucoup. D’un paragraphe à l’autre, il passe des époques entières et c’est parfois difficile de suivre son cheminement de pensées. Même s’il propose des réflexions intéressantes, intelligentes, même s’il y a un certain nombre de questions philosophiques dans cet ouvrage, c’est assez pénible d’arriver au bout. En fait, le début est très bon, le milieu est franchement moyen si pas bof (j’ai du me retenir pour ne pas sauter des pages) et la fin, à savoir les dix dernières pages, rattrape le tout. C’est un roman très inégal mais pas dénué d’intérêt, et c’est la raison pour laquelle je vous en parle.

Soyons honnête, donner la parole à un personnage tel que Lucifer est une entreprise audacieuse. Pour réécrire les mythes bibliques avec talent, il faut les connaître et on sent que l’auteur les a étudiés en profondeur. Le choix de son style narratif ne m’a pas plu mais il plaira à d’autres, parce qu’il n’est pas mauvais en soi: c’est une question d’affinité. Oui, il y a très clairement des maladresses dans Moi, Lucifer. L’auteur en fait trop. Il a de bonnes idées qui ont été mal encadrées, mal exploitées. Mais ça reste une découverte à faire, parce que ce n’est pas un roman comme les autres qui se contente de remâcher tout ce qui a déjà été écrit sur le sujet. Moi, Lucifer est un bel éclair créatif, pas exploité pleinement mais tout de même assez remarquable pour être souligné et découvert.

Je vous conseille ce roman. Mais lisez-le avec l’esprit clair, ne vous attendez pas à beaucoup d’action, à de la guerre ou du gore à foison. Ne vous attendez pas à regarder le Mal Absolu dans les yeux, à fricoter avec l’interdit, à ouvrir la bouche en un « O » à la fois outré et excité, tenté, en contemplant les actions du diable en personne qui, en fait, reste d’un classicisme décevant. Au final, ce qu’on en retire, c’est que Lucifer est aussi humain que n’importe qui derrière ses phrases grandiloquentes et je crois que c’est principalement ça qui m’a dérangée. Je ne supporte pas l’anthropocentrisme, et ce roman est en plein dedans. C’est une tranche de vie, fantastique uniquement à cause de la présence d’anges et d’anges déchus, mais ça reste une tranche de vie quand même, une tranche de vie sale, parfois inutilement vulgaire. Bref, pas ma tasse de thé.

Si ce n’est pas un coup de cœur (du tout), ça reste un livre à lire, ne fut-ce que pour découvrir un mode narratif sous exploité et pour prendre conscience qu’une bonne idée, ça ne suffit pas pour écrire un bon livre. Je n’ai jamais rien lu de Glen Duncan jusqu’ici, apparemment il a appris de ses erreurs dans ses autres romans et c’est génial de constater son évolution. Je le répète, Moi, Lucifer n’est pas mauvais ! Il ne me convient juste pas à moi en tant que lectrice. Toutefois, le lire en tant que jeune auteur vous permettra, peut-être (je l’espère), une réflexion sur vous-même afin de ne pas tomber dans les mêmes pièges que Glen Duncan.

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2 réflexions sur “Moi, Lucifer – Glen Duncan

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