Rose Morte #4 Ikebana – Céline Landressie

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(c) Miguel COIMBRA

Rose Morte est une saga historico-fantastique écrite par la talentueuse auteure française Céline Landressie. Les quatre premiers tomes (sur cinq au total) sont disponibles chez Milady dans la collection Bit-Lit et coûtent approximativement 7.90 euros pièce. Ce classement Bit-Lit est, à mes yeux, une aberration éditoriale qui aura probablement induit beaucoup de lecteurs en erreur. En effet, cet ouvrage est d’une telle qualité, d’une telle finesse, d’une telle intelligence qu’on ne peut pas juste le qualifier de « bit-lit ». Il rompt totalement avec ce qu’on trouve dans la littérature moderne pour renouer avec la tradition des romantiques

Dans ce tome, on quitte la France pour les États-Unis, à New-York précisément, dans les années quatre-vingt. On retrouve Rose et Vassili aux commandes du Malboge Club, un endroit où les immortels peuvent se nourrir en toute discrétion. Évolution de la civilisation et des médias oblige, Rose a su saisir une opportunité d’assoir son pouvoir politique. Quarante ans se sont écoulés depuis la fin du tome 3 et le départ précipité de l’infante Arimath. Un temps assez long durant lequel elle a refusé de parler à son mentor, déléguant cette tâche à Vassili. On retrouve des relations assez glaciales entre les membres du quatuor, qui vont évoluer au fil du roman. Je suis frustrée de ne pas pouvoir en parler en profondeur dans cette chronique, mais elle a pour vocation de vous donner envie de lire cette merveilleuse saga, pas de vous gâcher les surprises ! Toutefois, je peux préciser que ce fut un tome riche en émotions et en accomplissements, ce qui me réjouis.

L’intrigue mise en place dans les opus précédents continue d’avancer et des rappels très précis sont disséminés dans le roman, afin de réveiller notre mémoire parfois un peu défaillante. Ce qui est appréciable compte tenu de la complexité de l’intrigue qui s’étend sur des siècles, les différents objets d’art, mythes et autres qui parsèment les différents tomes, on risquerait de s’y perdre sans cet aide-mémoire. L’enquête au sujet de l’Érudit avance et elle avance bien. Ce n’est pas la seule chose qui évolue, d’ailleurs… Profitons en pour évoquer les relations entre les personnages, qui prennent un tournant décisif. Notamment entre deux personnages pour lesquels j’ai énormément d’affection, j’ai jubilé ! Je me suis dis, YES il était temps, je l’attendais avec impatience depuis le tome 3… Mais ce ne sont pas les seuls. Pour une fois, j’entretiens de l’empathie pour l’héroïne. Rose trouve un écho en moi, je la comprends. Ce n’est pas une quiche capricieuse ou une pleurnicheuse, elle se prend en main malgré la douleur, elle éprouve des émotions profondes, complexes, on sent que l’auteure maîtrise la psychologie et c’est rafraichissant.

Elle ne maîtrise pas que cela, d’ailleurs. Céline est une reine dans l’art de la dissimulation d’indices. Pour exemple, ce (maudit) rébus dans la scène du Waldorf-Astoria m’a fait cogiter, on en parle même sur le forum la Ronceraie et j’y pense encore actuellement. Les théories sont nombreuses, c’est perturbant ! Si vous avez lu le tome 4, jetez un œil sur ce qui s’y raconte, ça apporte un éclairage totalement neuf à la saga. Cela aussi est une raison pour laquelle j’adore ce roman : il nous pousse à réfléchir, à nous remettre en question, il ébranle systématiquement nos certitudes et joue avec nous. Céline Landressie maîtrise son intrigue avec un tel brio que ça tient du génie.

Autre élément que je trouve extraordinaire dans ce roman, c’est la manière dont Céline écrit et surtout décrit les émotions. Ce que ressent Rose vibre en moi à chaque ligne, chaque mot est sélectionné avec soin. Le vocabulaire est soutenu, recherché, ce que j’adore personnellement (mais je sais que ça ne plait pas à tout le monde) parce que Céline possède un véritable style, une véritable identité littéraire, ce qui devient rare dans ce monde où on prône la « littérature industrielle ». Son roman est une œuvre d’art autant sur le contenu que sur la forme.

Je suis comblée par ce tome et je tremble à l’idée que le cinquième sera le dernier. Je m’interroge sur son contenu, sur le dénouement, et cette scène finale… CETTE SCÈNE FINALE ! Extraordinaire. Bravo Céline !

Je vous conseille de découvrir la saga Rose Morte de toute urgence, si vous ne la connaissez pas déjà. C’est un must-have dans la littérature française fantastique, une grande plume appartenant à une grande auteure qui, s’il existe un peu de justice dans ce milieu, passera à la postérité. C’est un coup de cœur pour moi !

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