Reine d’Égypte #1 et #2 – Chie Inudoh

reine d'égypte

Reine d’Égypte est un manga historique de type seinen constitué pour le moment de deux volumes. Il est publié chez Ki-oon dans sa collection Kizuna et coûte environs 7.90 euros le tome.

Quand j’ai vu pour la première fois la couverture du tome 1, je n’ai pas été attirée du tout. Je trouvais que l’héroïne avait un regard étrange, le type de dessin ne me plaisait pas trop… Comme quoi, il ne faut pas juger un livre à sa couverture. Pourquoi j’ai changé d’avis? Très simplement parce que l’auteure était présente à Livre Paris en dédicace et je me suis dis que ça serait sympa de ramener un dessin pour la librairie Kazabulles où je suis cliente (et pilier de comptoir attitrée, vous le savez ->). En compagnie de deux amis, nous avons donc fait la file et acheté le manga pour l’occasion (parce que bon tant qu’à faire hein…), qu’on a eu le temps de lire tous les trois en attendant notre tour. Mais bon, vu le monde, c’était logique !

Et franchement, j’ai été très agréablement surprise par le contenu et par le dessin.

Ce manga raconte l’histoire d’Hatchepsout, dont le père vient de mourir et qui doit se marier avec son demi-frère, le nouveau pharaon. Elle ne tombe pas vraiment des nues, tout ça est prévu depuis longtemps, mais elle ne s’entend pas du tout avec Seti, le demi-frère en question. Elle passe son temps à se chamailler avec lui, et il a un caractère assez désagréable. Hatchepsout n’est pourtant pas une femme comme les autres, elle a soif de liberté, elle désire être l’égale de pharaon, changer les choses, et se bat pour s’affranchir des traditions. Le problème, c’est qu’elle est encore jeune, naïve, qu’elle a beaucoup à apprendre sur le monde qu’elle connaît si peu au final. Plus qu’une fresque historique, Reine d’Égypte est, à mes yeux, un manga engagé pour la condition de la femme. C’est assez subtil quand même, je vous rassure, mais ça transparait dans tout le manga à travers des réflexions que se fait Hatchepsout, qui ne sont pas vraiment anachroniques (et ça on peut féliciter l’auteure) tout en restant révolutionnaires. Reine d’Égypte dresse le portrait d’une femme intelligence, au grand cœur, qui n’est pas prise au sérieux à cause de son sexe, alors qu’elle apporte de meilleures idées que les hommes.

Pourtant, Reine d’Égypte ne fait pas passer tous les hommes pour des imbéciles et j’ai apprécié cet équilibre. Certains rejoignent le camp d’Hatchepsout, ils l’aident à ouvrir les yeux sur la réalité de l’Égypte, ils l’éduquent en quelque sorte ou lui donnent des conseils précieux qui lui permettront d’évoluer. Alors on pourrait se dire que sans un homme, cette femme ne serait pas capable d’érudition, mais elle est aussi entourée par d’autres femmes, ses suivantes qui sont aussi ses amies, et qui l’aident de la même façon que, par exemple, le scribe Senmout.

C’est donc un récit très équilibré, qui présente un personnage principal féminin mais loin d’être une icône sexuelle. Elle est belle parce qu’elle ressemble à sa mère, mais elle ne s’en sert pas pour arriver à ses fins, pas plus qu’elle n’accepte de coucher avec son mari. Je trouve cette approche rafraîchissante.

Outre sa thématique, Reine d’Égypte est très bien documenté. L’auteure s’est renseignée et cela se voit, ce n’est pas juste l’histoire d’une femme qui va prendre le pouvoir, c’est une histoire en Égypte, dans la culture égyptienne, avec ses rites (parfois macabres), sa société, ses castes, bref c’est vraiment intéressant de ce point de vue-là et il mérite amplement sa place dans la collection Kizuna pour cette raison.

Enfin, un petit mot au sujet du chara-design qui est vraiment bien, une fois qu’on a ouvert le premier tome. Le trait n’est pas spécialement original, il respecte une sorte de mode (on en discutait justement avec une de mes libraires) qui existe actuellement, mais il est propre, beau, il correspond au manga et à son style.

Reine d’Égypte est un manga que je conseille aux amoureux de l’Histoire et de cette période en particulier, ainsi qu’aux gens qui ont envie de suivre une héroïne forte (mais pas invincible) et qui sonne très juste, très humaine. C’est le début d’une belle fresque historique que je vais suivre avec attention.

3 réflexions sur “Reine d’Égypte #1 et #2 – Chie Inudoh

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