In These Words – Jun Togai & Neko Kichiku

in these wordsIn These Words est un thriller yaoi originaire de Taïwan. Il est publié chez Taifu et coûte environs 9 euros le tome. Les deux premiers volumes sont disponibles en librairie, le tome 3 est prévu pour octobre 2017 si la date ne change pas d’ici là. Croisons les doigts, parce que l’attente va être dure !

Avant de passer à la chronique à proprement dite, je me dois de relever quelque chose sur lequel j’ai tiqué. Le manga commence… Sur un chapitre écrit. Le prologue est constituée uniquement de texte et non de cases avec des dessins, comme si on commençait un roman. J’ai trouvé ce choix particulièrement étrange et inadapté. Si on propose un manga, on le dessine entièrement ou alors on fait un roman graphique. On ne commence pas par raconter une histoire avec du texte pour ensuite basculer dans le dessin. Évidemment, ça a un peu plus de sens quand on lit l’histoire, puisqu’on comprend que révéler le visage de l’homme qui aborde Katsuya ferait s’écrouler l’intrigue entière, mais je pense toutefois qu’il y aurait eu possibilité de le présenter sous une forme plus traditionnelle.

C’est toutefois un détail, le seul négatif (mais c’est parce que je suis un peu chiante aussi) que j’ai trouvé à relever sur les deux tomes de ce petit bijou. En quelques mots, In These Words raconte l’histoire de Katsuya Asano, un psychologue qui a poursuivi ses études aux États-Unis et est engagé par la police de Tokyo comme profiler. Il a aidé à arrêter un tueur en série particulièrement brutal qui sévissait dans la capitale depuis trois ans. Ce tueur, nommé Shinohara Keiji, est obsédé par Katsuya puisqu’il est à l’origine de son arrestation. Il accepte de faire des aveux, à la seule condition que ce soit Katsuya qui vienne les recueillir. Mais à peine Katsuya accepte-t-il cette affaire qu’il est victime de cauchemars… En sont-ils vraiment? Réponse dans le manga ! Je refuse de vous spoiler une telle intrigue, mais si vous vous lancez là-dedans, j’espère que vous avez le cœur bien accroché.

Le scénario est vraiment bien mené, je me suis totalement laissée balader et j’étais loin d’imaginer ce qui se passerait dans le tome 2. Si le tome 1 est extrêmement sombre et violent, surtout dans les abus sexuels dont est victime Katsuya, le second est plus doux, il dévoile Katsuya sous un autre angle et nous force à l’envisager autrement, ce qui est profondément perturbant. D’ailleurs, les révélations qui y sont faites sont tout simplement incroyables. On sent que la scénariste maîtrise la psychologie (j’ai appris qu’elle avait travaillé dix ans dans la police) et qu’elle est préoccupée par la cohérence de son histoire. Impossible de distinguer le réel de l’illusion, le vrai de la manipulation, pas sans l’aide d’un tome 3 qui est prévu pour dans trop longtemps à mon goût. Et c’est une lectrice frustrée qui parle ! Parce que j’ai adoré, si ce n’était pas encore clair.

Outre ce scénario génial, mention spéciale pour le chara-design que je trouve magnifique. Les couvertures sont des chefs-d’œuvre, les illustrations couleurs au début du manga sont magnifiques et celles dans le manga en lui-même le sont tout autant. Le trait est plutôt réaliste sans être cru. Dans les scènes intimes, on montre ce qu’il faut avec une vraie justesse, sans jouer la fausse pudeur mais sans tomber dans le voyeurisme pornographique. Même les scènes de viol sont érotiques, au point que ça en devient perturbant, parce qu’on ne tombe pas dans le mélodrame hyper émouvant mais on lit dans le regard de Kaguya qu’il n’est pas consentant le moins du monde. C’est un point fort du manga: il ne banalise pas son propos, un viol est un viol, rien ne l’excuse, et l’attitude du tueur en série participe au malaise général. Même le dessin sans le texte nous fait ressentir ces émotions et cela témoigne d’une vraie maîtrise que je tenais à souligner.

En résumé, In These Words est un excellent manga, certes yaoi, mais très loin des clichés du genre. C’est un thriller psychologique avant tout, violent, audacieux et malsain qui plaira aux amateurs du genre, mais attention… Âmes sensibles s’abstenir. Ici, il n’est pas question de confondre « amour » et « dépendance » ni même de cautionner des comportements anormaux, criminels. Le viol reste un viol, les auteures parviennent à l’érotiser sans jamais sacrifier le côté anormal de la situation, sans jamais nous laisser croire que la victime « aime ça » et qu’elle va forcément tomber sous le charme de son bourreau. C’est un tour de force que je salue franchement et c’est certainement ce que j’ai le plus aimé dans In These Words. C’est un excellent exemple de dark romance et je vous invite à lire l’article de We Need More Safe Sex Books qui vous explique en profondeur pour quelles raisons, ce que je ne peux faire moi-même dans ma chronique sans risquer de vous spoiler l’intrigue.

Je vous recommande chaudement ce manga !

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