Omnia, le sang des sorcières – Denis Labbé

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(c) Miesis – Sylvie Veyres.

Omnia est un roman fantastique publié aux éditions du Chat Noir et classé dans la collection Griffe Sombre. Il est écrit par Denis Labbé et coûte 19.90 euros.

Voilà un moment que j’ai envie de lire Denis Labbé. C’est un auteur que j’ai rencontré il y a longtemps, qui écrit dans ma maison d’édition préférée et qui est un sacré personnage (si si, c’est positif). Malheureusement, jusqu’ici, la thématique de ses romans ne me parlait pas trop. Je ne suis pas branchée zombie, comme vous le savez. Alors quand j’ai vu débarquer Omnia, j’ai sauté de joie, non seulement parce que j’allais enfin pouvoir lire quelque chose de cet auteur mais aussi parce que (attention, moment superficiel à mort) la couverture signée par Miesis est MAGNIFIQUE ! Et le résumé envoyait du lourd, évidemment… (rattrape-toi, rattrape-toi)

Bref, j’avais donc hâte de me procurer ce roman.

Pour la petite anecdote, en ouvrant le livre, environs à la cinquième ligne de la première page, je suis tombée sur l’expression « des arbres tortus ». Je me suis décomposée, en mode « non c’est pas possible une faute à la première page?! o.o Pitié pas ça ! » j’en ai informé l’auteur, persuadée de rendre service… Échec critique et moment de solitude, même s’il a très bien reçu ma remarque. Il s’avère que ce mot existe réellement, qu’il signifie tordu et si je vous le dis, c’est pour que vous vous couchiez moins bête. Mais aussi pour que vous ne tombiez pas dans le même panneau au cas où vous décideriez de lire ce roman. Voilà, c’était l’information culturelle du jour ! Bref, une anecdote qui ne sert à rien mais j’avais envie de la partager quand même. Venons-en au roman en lui-même.

Omnia raconte l’histoire de trois jeunes d’une vingtaine d’année: Revéna, Kiara et Louis, qui se retrouvent pour leur troisième année de fac à Lille. Si Revéna et Kiara sont amies depuis un moment, Louis débarque brusquement dans leur vie, les coïncidences ainsi que les points communs s’enchaînent et font qu’ils deviennent amis. Parallèlement, on suit également les agents d’une mystérieuse « Compagnie » qui en veulent aux trois étudiants. Pour quelle raison? Comme je refuse de spoiler, vous le saurez en lisant le bouquin !

L’histoire se déroule sur deux volets. Celui en 2021, avec les trois amis et celui en 1662, à Loudun, une ville restée célèbre pour le drame qui s’est déroulé au convent des Ursulines cette même année. On y suit Soléna, une prêtresse de la déesse-mère et on y rencontre plusieurs autres personnages, dont certains ont une existence historique avérée. Le tout sur fond d’épidémie de peste… Et c’est un positif du roman: il est extrêmement bien documenté. Il cite des ouvrages qui existent pour parler de magie, créé une mythologie inspirée de la réalité, inclut des éléments très précis de l’Histoire, des mœurs de l’église, en bref on sent que l’auteur a effectué des recherches sérieuses sur le sujet et c’est ce que je considère comme une marque de sérieux. Dans les chapitres de Loudun, j’avais vraiment l’impression d’y être, bravo pour cela !

Dans ce thriller ésotérico-religieux, l’auteur ne prend pas de gants. Il ne propose pas un roman fantastique édulcoré, il n’hésite pas non seulement à tuer des gens mais aussi à parler sans tabous de la torture infligée par les hommes de la Compagnie, sans pour autant tomber dans le gore gratuit. Il est cru quand il nous évoque leur psychologie, ce qui permet de bien différencier les mondes dans lesquels évoluent les protagonistes. Il possède une bonne maîtrise des différents tons à employer. Pourtant, souvent, les descriptions se répètent et l’auteur tombe dans un écueil qui m’insupporte: je n’aime pas quand on qualifie une héroïne en mettant l’accent sur sa grande beauté ou ses cheveux magnifiques, je trouve que ça fait passer un faux message. Bonjour, les femmes peuvent se qualifier autrement qu’à travers leur belle chevelure blonde… Ou rousse. Ou noire. Ou peu importe la couleur ! Stop au sexisme ordinaire.

Sur le plan des personnages, je ne me suis pas vraiment attachée à eux, parce qu’ils sont assez stéréotypés. Même si Kiara m’a fait rire. Revéna ne me parlait pas trop et Louis me rappelait un ami, ce qui m’a perturbé pendant la moitié du livre. Au moins, on peut dire que les personnages sonnent justes ! Par contre, j’ai bien aimé l’évolution de leur relation. J’ai trouvé ça original parce que je ne me souviens pas d’avoir lu (récemment en tout cas) quelque chose de ce genre. En optant pour cette solution, l’auteur pose la question du regard des autres en amour sans que la partie sentimentale ne prenne toute la place. Pourtant, même si la relation est intéressante, elle tombe un peu de nulle part et est trop facilement acceptée par les protagonistes, ce qui renforce cette impression de stéréotypes.

Pour résumer, ce roman est une lecture agréable, qui m’a rappelée les séries des années quatre-vingt-dix (j’ai failli écrire nonante, pardons amis de France !) comme Charmed et Buffy, dans le déroulement de l’intrigue, la manière dont s’expriment les protagonistes et la psychologie des personnages. Omnia est un one-shot qui fait office de bon divertissement, il sera rapidement oublié mais la lecture n’est pas sans intérêt, surtout pour le côté historique et les chapitres sur Soléna.

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4 réflexions sur “Omnia, le sang des sorcières – Denis Labbé

  1. Mais la couverture est un élément important dans le choix d’un livre 😀 Si l’éditeur fait bien son travail, elle reflète parfaitement l’univers du livre et donc donne des indices pour savoir si la lecture va plaire ou pas. Je ne trouve pas que c’est superficiel de se baser (en partie) dessus pour choisir un roman (dixit la fille qui adore acheter un roman pour sa couverture 😀 )

    • Tu n’as pas tort ^_^ Mais parfois, il y a des livres avec une couverture très laide qui ont un bon contenu et vice versa, une couverture magnifique qui a un contenu vraiment pas à la hauteur. Donc même si dans la théorie, c’est une chose positive, c’est dangereux de ne se baser que sur ça je trouve 😛 (mais tu aimes vivre dangereusement haha :3 )

      • Tu as tout à fait raison, il y a des perles partout 🙂 Et quand c’est un auteur que j’aime, je ne fais pas attention à la couverture, j’ai juste envie de découvrir son nouveau roman. Mais le truc, c’est que j’ai quand même plus de mal à sortir de ma PAL un livre avec une couverture moche qu’un avec une belle couv 😀 C’est psychologique xD Quand je prends un livre pour le lire, j’ai envie qu’il soit aussi beau à l’intérieur qu’à l’extérieur 🙂

      • Ce qui est totalement normal je pense ^_^ C’est un tout, moi je passe outre uniquement pour mes auteurs préférés mais je vais rarement voir au-delà d’une couverture moche, parce que j’ai déjà tellement de livres à lire.. C’est dommage mais je pense que c’est normal aussi d’un côté :/

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