Les traducteurs de rêves – Gaëlle Dupille

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couverture (c) Vael Cat

Les traducteurs de rêves est un roman court fantastique publié aux éditions l’Ivre-Book en format numérique, au prix de 2.99 euros. Vous pouvez également le retrouver sur toutes les plateformes numériques, dont Amazon. Ce n’est pas le premier ouvrage de Gaëlle Dupille mais c’est celui avec lequel je la découvre. Et quelle découverte !

Les traducteurs de rêves, c’est avant tout un conte, certes un peu macabre, mais surtout philosophique, sur la nature de l’écrivain. Une réflexion philosophique, donc, parsemée de conseils à l’attention non seulement des jeunes auteurs mais aussi des plus vieux ou des plus aguerris, parce qu’ils ne manqueront pas de provoquer une réflexion bienvenue. Pourquoi écrit-on? Comment s’y prendre? Qu’est-ce qui fera, ou non, le succès d’un ouvrage? Doit-on se prostituer pour le succès en ajoutant à notre histoire des éléments « à la mode » ? Toutes ces questions, Gaëlle y répond avec justesse à travers l’aventure de ses deux personnages principaux.

Nous suivons Lewis Rabbit, un auteur qui s’écharne depuis deux ou trois ans à envoyer ses manuscrits à différentes maisons d’édition d’Edimbourg, sans succès. Il subit ce qu’ont subi un jour tous les jeunes auteurs: les refus en chaîne, avec ou sans motivation, les retours cinglants, l’abattement, le découragement, les extrémités auxquelles ça peut nous mener. Il est mal entouré, n’a pas d’amis à cause de son caractère difficile mais, surtout, à cause de sa maladie mentale. Au départ, ce personnage m’a agacée parce que j’ai reconnu en lui le portrait et les comportements de certains auteurs, qui m’exaspèrent. Par la suite, grâce aux révélations, mon opinion a un peu évoluée et j’ai eu de la peine pour lui, sans pour autant réussir à lui pardonner tout ce qu’il a pu faire au fil du récit. C’était une rencontre assez troublante et pleine de paradoxes, ce qui dénote le talent de Gaëlle pour la mise en scène et la création de personnages intrigants. C’est agréable de ne pas suivre un héros parfait. Lewis Rabbit est certes malade, mais il est profondément humain, dans ce que l’Humanité a de plus honteux et pitoyable.

En parallèle de Lewis Rabbit, nous rencontrons Georges Chronos, un vieil homme doué d’un talent hors du commun: celui de prédire le succès d’un livre en le touchant. Rapidement, on se rend compte qu’il fait bien plus que cela. En entendant parler de Georges, Lewis se rend immédiatement dans sa boutique (le vieil homme est horloger) pour le convaincre de prédire l’avenir de son livre. Malheureusement, la réponse ne lui plait pas et la situation dégénère… Pour l’intrigue en elle-même, je vous laisse découvrir en lisant.

Ce qui m’a marqué dans ce roman, ce n’est pas tant l’intrigue ou les personnages qui remplissent surtout des fonctions (comme dans tous les contes) mais bien le message que cherche à faire passer l’auteure. Il est culotté, parce qu’elle ose briser les tabous du milieu éditorial et surtout, de la mentalité néfaste qu’ont parfois les auteurs. C’est osé, instructif et je pense sincèrement que ce roman devrait être lu par tout qui veut devenir écrivain un jour. Il apprend l’importance de la remise en question, sur soi mais également sur son œuvre. Il attire l’attention sur des détails auxquels on ne songe pas forcément mais qui ne sont pas négligeables. Le tout est servi par une plume simple, rythmée, percutante dans le choix des mots qui collent parfaitement à sa problématique.

Je vous conseille les traducteurs de rêves, c’est une lecture intéressante dont vous ne ressortirez pas indemnes. Elle vous apportera forcément quelque chose, vous forcera à réfléchir, tout en vous offrant un bon moment de distraction. Au passage, j’ai particulièrement aimée la fin, qui me semblait très à propos.

J’achève sur un petit extrait du roman, qui illustrera mon propos et celui de Gaëlle. « Si vous écrivez pour devenir riche, alors, ce n’est pas une bonne raison. Selon moi, on devient auteur pour partager ses pensées les plus intimes, ou même ses peurs avec les autres. Écrire, c’est un peu comme lorsqu’on fait un songe si inhabituel, si surprenant, que l’on a envie de le raconter à tout le monde autour de soi. Les auteurs sont, en quelque sorte, des traducteurs de rêves, capables de mettre des mots sur des images, des sensations ou des odeurs qui les assaillent et d’emporter leurs lecteurs avec eux dans leurs songes. »

Bonne lecture ! ♥

Retrouvez Gaëlle Dupille sur sa page auteure & sur son blog.

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4 réflexions sur “Les traducteurs de rêves – Gaëlle Dupille

  1. Pingback: Première chronique de mon roman « Les Traducteurs de rêves  – Via OmbreBones | «Gaëlle Dupille

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